Financement des PME, enfin le bout du tunnel

Une convention signée avec le GPBM

Les garanties seront liées uniquement aux projets et les motifs d’un refus
dûment expliqués

Un comité de suivi bipartite veillera à l’application
de l’accord.

Banques et PME, ont-elles trouvé enfin un terrain d’entente à propos du structurel problème de financement ? Hamad Kessal, le président de la Fédération PME/PMI, d’habitude très critique vis-à-vis du système bancaire, affiche, une fois n’est pas coutume, un optimisme de bon augure. Une convention devait, en effet, être signée entre le GPBM (Groupement professionnel des banques du Maroc) et la Fédération, le 10 novembre, à l’occasion des assises de la PME. Cette convention qui a nécessité plusieurs mois de discussions entre la Fédération et les banques, «représentées par leurs DG », tient à préciser M. Kessal qui salue, au passage, la participation active du gouverneur de Bank Al Maghrib.

Pour la fédération des PME, cet accord apporte plusieurs nouveautés de taille. Primo, il résout le sempiternel problème des garanties demandées par les banques. Désormais, elles se contenteront de celles liées aux projets, rapporte le président de la Fédération PME/PMI, et dans le cas où des garanties s’avéreraient insuffisantes, recours sera fait aux organismes de garantie de l’Etat comme la CCG (Caisse centrale de garantie) qui est train de revoir les critères d’éligibilité imposés au entreprises. La caution personnelle du chef d’entreprise ne sera demandée que dans des cas extrêmes, et avec l’accord de ce dernier.

Un recours en cas de refus de financement
Secundo, un comité permanent composé de trois membres de la fédération et trois membres du GPBM sera chargé du suivi de l’application de la convention. Ce comité qui tiendra une réunion tous les trois mois aura pour mission de rectifier tout dérapage qui pourrait survenir dans l’application de l’accord. Son rôle est d’autant plus important que la fédération se verra investir d’une nouvelle mission, en l’occurrence celle d’étudier la faisabilité des dossiers avant qu’ils n’atterrissent à la banque.

Une telle mission nécessite, à n’en pas douter, un renforcement de la fédération en ressources humaines, une perspective qui n’effraie pas outre mesure M. Kessal qui a décidé de recruter des compétences, tout en s’appuyant sur les structures de l’Etat comme l’ANPME (Agence nationale de la petite et moyenne entreprise) qui prévoit un certain nombre de mécanismes de financement dans ce sens. Tertio, les rejets de dossiers seront désormais motivés par écrit aux entrepreneurs. La banque concernée recevra le demandeur pour lui expliquer les motifs de vive voix et lui permettre de se défendre, un recours qui n’existait pas note Hamad Kessal.

Par ailleurs, les banques
qui disposent déjà de structures internes dédiées au PME/PMI s’engagent à étendre ses structures au niveau des régions. Enfin, et ce n’est pas le moins important, une transparence sera observée de la part des banques au niveau des taux d’intérêts et de la tarification des commissions.