Finance participative : la Caisse centrale de garantie se met à la page

L’institution est en train de lancer une étude pour étendre son champ d’intervention à la finance participative. Une nouvelle entité devrait se charger de la gestion des nouveaux produits.

La Caisse centrale de garantie (CCG) apporte sa brique à l’écosystème de la finance participative. L’institution est en train de lancer une étude pour mettre en place un système de facilitation d’accès au financement participatif. L’idée est évidemment de mettre au point des garanties étatiques dédiées aux financements islamiques accordés à certaines catégories de particuliers et d’entreprises, à l’image de ce qui se fait déjà pour le crédit classique. L’enjeu est de taille puisque cela devrait favoriser l’accès aux financements islamiques au plus grand nombre. C’est en effet la garantie étatique qui, en majeure partie, encourage aujourd’hui les banques à accorder par exemple des crédits habitat aux ménages à revenus modestes ou non réguliers, dans le cadre du Fogarim.

La CCG, qui financera cette étude au moyen d’un don de la Banque islamique de développement (BID), a sollicité il y a quelques semaines des consultants figurant sur une liste restreinte (Al Maali, Elite Partners, Deloitte…) pour qu’ils lui fassent une proposition de service. Le livrable qui devra être remis dans un délai de 4 mois à la CCG devra poser les bases d’une nouvelle structure dédiée à la finance participative.

Comme le veut l’usage dans ce type d’études, il s’agira d’abord de s’intéresser aux meilleures pratiques à l’international en matière d’instruments de facilitation de l’accès aux financements conformes à la Charia. La CCG demande ensuite une évaluation sur 5 ans des potentialités du marché des financements participatifs suite à quoi il s’agit de proposer des business model pour différents scénarii d’intervention de la CCG sur ce nouveau segment. Vient ensuite la définition de l’offre-produits à mettre en place avec la détermination de la structure et du mode de fonctionnement des solutions à mettre en place, avec tous les documents juridiques d’accompagnement (les conventions à passer avec les différents intervenants, les implications au niveau des contrats entre la banque et son client…). Sur un plan plus opérationnel, la CCG veut que l’étude balise le terrain pour ce qui est de l’organisation et la gestion de la nouvelle structure. Il s’agit donc de déterminer l’organisation de cette entité, ses procédures ; évaluer les besoins en ressources humaines à qui le consultant devra d’ailleurs dispenser une session d’information et de vulgarisation portant sur les produits à mettre en place ; développer un plan de communication pour le lancement et la promotion des nouveaux mécanismes.

Pour boucler la boucle, la CCG demande à se faire livrer tous les documents, textes et demandes qui devront être soumis à l’avis conforme du Conseil supérieur des oulémas. Prévoyante, la caisse demande que le consultant l’accompagne jusqu’à l’obtention de l’agrément final.