Une performance commerciale écornée par le coût du risque

L’encours des immobilisations données en crédit bail a crû de 11,2% et le PNB de 16%. Mais le doublement des provisions pour créances en souffrance a limité la croissance bénéficiaire à  5%.

Avec une régularité de métronome, Maghrebail signe un autre exercice des plus positifs, lui permettant de consolider sa part de marché à 20%. En effet, avec des «immobilisations données en crédit bail» dont l’encours a franchi la barre des 7 milliards de DH (+11%, à 7,35 milliards de DH), le numéro 3 du leasing au Maroc enregistre une croissance louable dans un environnement peu favorable, caractérisé par une réglementation moins propice au leasing immobilier (qui représente 38% de ses encours) et une montée généralisée des risques. Dans le sillage de cette surperformance par rapport au secteur du leasing, qui n’a progressé que de 8%, le produit net bancaire se bonifie de 16%, à 215,9 MDH, profitant également au passage de la maîtrise du coût de refinancement qui demeure confiné sous le niveau de 5%.
La productivité, de son côté, ne fut pas du reste, avec un coefficient d’exploitation qui gagne deux points en revenant à 26,6%, soit l’un des niveaux les plus bas du secteur.
Pour sa part, le résultat brut d’exploitation ne s’est apprécié «que» de 14,3%, à 154,3 MDH, sachant qu’en 2009 il avait profité d’une opération non-récurrente sur immobilisations financières ayant généré un surplus de 7 MDH.
Cette «déperdition» de la croissance commerciale et opérationnelle se poursuit en descendant le compte de résultats, notamment à l’étage du coût du risque qui a plus que doublé, principalement à cause du risque de crédit qui a nécessité de constater une dotation nette aux provisions de 33,4 MDH (contre 17 MDH en 2009). In fine, le résultat net ressort à 81,2 MDH, en amélioration d’à peine 5%, mais qui préserve tout de même un retour sur fonds propres (ROE) assez confortable de 17,3%. Ce qui n’est pas sans réjouir le nouvel actionnaire majoritaire, BMCE Bank, qui est monté en 2010 de 36% à 51% dans le capital de sa filiale.