Une année 2011 à  oublier pour Atlanta

Souffrant d’une panne de croissance et d’une chute brutale de sa rentabilité, Atlanta déçoit à  nouveau le marché après une brève éclaircie en 2010.

Pour la dernière année de son business plan 2007-2011 qui lui avait valu une entrée en Bourse en fanfare, Atlanta confirme, s’il en est besoin, que ses prévisions d’IPO ressemblaient davantage à un miroir aux alouettes qu’à une feuille de route réaliste. En effet, avec un retard d’une année en matière de chiffre d’affaires, des frais de gestion en dérapage de 42% et un résultat des placements financiers amputé de 71%, la filiale de la CDG et du groupe Holmarcom ne peut que fredonner le refrain «I had a dream» pour expliquer l’écart entre la réalité et ce qui avait été vendu à l’époque au marché au titre de l’exercice écoulé. Un rêve que la bourse a été bien inspirée de ne plus y croire depuis belle lurette en amputant la capitalisation d’introduction de près de la moitié.

Il faut dire qu’avec un résultat net part du groupe d’à peine 157,7 MDH, en recul de 36% par rapport à 2010 et de 71% par rapport aux prévisions de l’IPO, la sanction du marché paraît bien clémente. Et ce, d’autant plus que sur le registre de la croissance intrinsèque (en oubliant le business plan), il y a un net retard par rapport au marché. Alors que l’ensemble du secteur a crû de 9,2%, le cinquième assureur du pays affiche un taux poussif de +4% qui doit la part belle à la seule performance de la filiale Sanad et situe les primes émises à 2,5 milliards de DH dont 192 MDH pour la «Vie». Sur ce creuset, les pertes de parts de marché sont inéluctables.

Par ailleurs, l’évolution des placements financiers qui n’ont drainé en 2011 qu’un solde positif de 220 MDH au lieu de 423 MDH en 2010 et 52 MDH en 2009 jette la suspicion sur la stabilité de la performance de cet étage crucial de l’édifice des résultats de l’assureur. Ce qui n’est pas propice pour rasséréner un marché qui attend toujours une réponse adéquate à la problématique majeure de la branche Vie, qui ne représente encore que 8% du CA.