Taslif victime d’une indigestion après l’absorption de Salaf

La filiale du groupe Saham voit ses fonds propres balayés à  hauteur du tiers par une perte historique essuyée dans la foulée de l’absorption de Salaf.

Certaines fusions-acquisitions sont parfois source d’indigestion immédiate pour l’absorbant. Et ce n’est pas la filiale du groupe Saham qui contredira cette assertion, en affichant des résultats 2010 fortement déficitaires au lendemain de l’absorption de Salaf en septembre 2010.
Certes, le profit warning émis en janvier 2011 avait déjà préparé les observateurs et investisseurs à une première perte depuis 2004, mais l’ampleur des dégâts (un déficit de 91 MDH contre un bénéfice de 32,8 MDH en 2009) qui a balayé au passage le tiers des fonds propres, surprend même les plus pessimistes. Il faut dire que les dotations aux provisions nettes des reprises pour créances en souffrance ont atteint un niveau historique (169 MDH contre 5 MDH en 2009) qui dépasse de loin le montant des actifs à risque hérités lors de l’absorption de Salaf et qui ont trait à l’affaire d’escroquerie qui a secoué en 2009 cette ex-filiale acquise en 2008.
Par ailleurs, devant l’absence de comptes proforma qui rend toute appréciation de la performance commerciale et opérationnelle (avant coût du risque) des plus difficiles, il est d’ores et déjà possible d’inférer l’existence de poches d’optimisation que la fusion n’a pas encore totalement épuisées, à l’image du PNB dont la progression (+54% à 111,5 MDH) est nettement moins importante que celle des encours nets de crédits (+90%, à 1,42 milliard de DH), ou encore du coefficient d’exploitation qui se dégrade de 3 points, à 36,3%, alors que la mutualisation du système d’information déjà opérée et les synergies potentielles de back-office devraient améliorer à terme la productivité.
Au demeurant, avec un coefficient de solvabilité qui s’approche dangereusement du plancher de 10%, Taslif est acculée à reconstituer rapidement ses fonds propres par un retour à la rentabilité dès 2011 ou en tendant à nouveau la sébile à ses actionnaires.