Résultats 2009 des Sociétés cotées

Des bénéfices dopés par l’exceptionnel et une activité en recul

L’année 2009 a été sauvée grâce à l’exceptionnel. Telle est la conclusion à laquelle on peut aboutir à la lecture des résultats annuels des sociétés cotées. Les bénéfices agrégés ont été dopés par des revenus non récurrents. Alors que l’activité des entreprises de la cote a marqué un recul par rapport à 2008, dans un contexte de ralentissement économique au niveau local et de poursuite de la baisse des cours des matières premières, pétrole et métaux en particulier.
Les banques et les sociétés immobilières ont limité la baisse du chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires global du marché s’est en effet établi à 241,8 milliards de DH, marquant une baisse de 1,6% (-3,8 milliards de DH) par rapport à 2008. Si une bonne partie des secteurs cotés ont pu améliorer leurs revenus malgré des conditions de marché difficiles, l’activité de quelques compartiments a fortement chuté, annulant les performances réalisées par les premiers. Il s’agit en premier lieu du secteur de l’énergie qui a perdu 14,9 milliards de DH en 2009 à cause essentiellement du recul de l’activité de la Samir. Cette dernière a souffert l’année dernière du retrait de 3% de ses ventes et de la chute du cours moyen du baril de brent, de 97 dollars en 2008 à 61,5 dollars en 2009. Ce secteur est suivi par celui du BTP   (-1,26 milliard de DH) qui a été impacté par la baisse des ventes de Sonasid, suite au tassement que connaît le marché de la construction, et la chute des cours de l’acier à l’international.
Les distributeurs figurent également parmi les compartiments qui ont le plus souffert du contexte de crise. Leurs revenus se sont dégradés de 631 MDH par rapport à 2008, malgré le bon comportement de la grande distribution (Label’Vie), et ce, en raison de la baisse du marché de l’automobile et des véhicules industriels. Enfin, il y a le secteur de la chimie qui, en raison de la forte concurrence que subit la Chérifienne des engrais, a perdu 217 MDH de chiffre d’affaires.
Ces contre-performances auraient pu avoir un effet plus important si certaines activités n’avaient pas bien progressé en 2009. Les banques ont en effet augmenté leurs produits de 5,4 milliards de DH en 2009 en dépit du ralentissement de la distribution de crédits, de la rareté des ressources et de l’envolée des créances en souffrance. Les performances exceptionnelles qu’affichent Attijariwafa bank et la BCP expliquent cette croissance inattendue. L’immobilier coté a également fait preuve de résistance dans un marché calme avec un additionnel de revenus de 3,6 milliards de DH, résultant du bon comportement des ventes des trois promoteurs qui composent le secteur. Et grâce à la fusion de Maroc Leasing avec Chaâbi Leasing, les sociétés de financement ont pu, elles aussi, contribuer à limiter la baisse du chiffre d’affaires du marché (+1,85 milliard de DH). Enfin, les holdings, Maroc Telecom et les compagnies d’assurance ont généré respectivement 913, 818 et 175 MDH de chiffre d’affaires supplémentaire.
Un résultat d’exploitation en hausse de 20% grâce au redressement des mines et de la Samir
Sur le plan opérationnel, le résultat d’exploitation du marché augmente de 20%. Il s’établit à fin 2009 à 52,7 milliards de DH, gagnant près de 9 milliards de DH par rapport à 2008. Les holdings sont les plus gros contributeurs à cette croissance avec un additionnel de résultat de 3,5 milliards de DH qui provient principalement d’Ona et Sni. Le redressement des filiales minières (Managem et SMI), la performance opérationnelle des industries agroalimentaires et l’amélioration de la marge brute de Wana expliquent cette forte augmentation. Les holdings sont suivis par les banques dont les résultats ont gagné 2,6 milliards de DH en 2009 grâce à la bonne progression des marges d’intérêts d’Attijariwafa bank et de la BCP et la réalisation par la première banque d’importantes plus-values suite à la cession d’une partie des participations dans Wafasalaf et Crédit du Maroc. Le secteur de l’énergie a lui aussi contribué positivement (+1,8 milliard de DH), malgré la baisse de l’activité de la Samir, et ce, suite au redressement du résultat d’exploitation de cette dernière avec la non-récurrence de la dépréciation de ses stocks pétroliers constatée en 2008. Enfin, le BTP et l’immobilier génèrent des résultats additionnels de 250 et 130 MDH grâce aux bonnes performances opérationnelles des cimentiers et des trois promoteurs immobiliers de la cote.
L’augmentation de 20% du résultat d’exploitation du marché cache néanmoins certains reculs. Les distributeurs en particulier ont perdu 515 MDH par rapport à 2008 avec le retrait des résultats d’Auto Hall, Auto Nejma et Berliet. Le secteur des assurances, impacté par les mauvaises prestations financières d’Atlanta, a également généré 38 MDH de moins qu’en 2008. Alors que le résultat du secteur informatique, sous l’effet des investissements de Matel et Distrisoft et de la conjoncture difficile des éditeurs de logiciels, s’est rétracté de 34 MDH.
La plus-value de cession de Wana dope     le bénéfice de la cote
Quant au bénéfice net du marché, il a progressé de plus de 22,7% pour atteindre 32,8 milliards de DH, soit 6 milliards de DH de plus qu’en 2008. A ce niveau, c’est plus les plus-values exceptionnelles et le redressement des déficits de certaines sociétés qui dopent ce bénéfice que les performances opérationnelles. En effet, les holdings sont, là aussi, les premiers contributeurs à cette croissance, avec essentiellement les plus-values réalisées  par Ona et Sni suite à la cession d’une partie des participations dans Wana, Wafasalaf et Crédit du Maroc (à travers Attijariwafa bank). Il y a aussi la mise en équivalence du résultat de cette dernière banque qui a boosté le bénéfice des deux holdings. Suivant la même configuration que le résultat d’exploitation, le secteur de l’énergie occupe la deuxième place des meilleures contributions à la progression des bénéfices, avec un additionnel de 1,8 milliard de DH réalisé suite à la non-récurrence des importantes pertes de change ayant pesé sur le résultat net de la Samir en 2008. Les mines sont à la troisième place (+872 MDH) grâce aux bonnes performances de CMT et à la fin de la restructuration des portefeuilles de couverture de Managem et SMI. Elles sont suivies des industries agroalimentaires qui, malgré une activité en stagnation, ont pu améliorer leurs bénéfices de 357 MDH avec le résultat record de Centrale Laitière et le redressement des marges de Lesieur Cristal. Quant aux banques, elles ne viennent qu’en cinquième position (+165 MDH), les bonnes performances d’Attijariwafa bank et de la BCP ayant été atténuées par les pertes de BMCE Bank et du CIH suite à un provisionnement massif des créances en souffrance.
En bas de la liste, les distributeurs sont toujours présents avec des résultats en retrait de 317 MDH. Les sociétés immobilières les accompagnent exceptionnellement en raison de la cession à perte par Fadesa Maroc, filiale du groupe Addoha, des deux hôtels de la station Saidia qui a fait perdre au secteur coté 217 MDH. Le compartiment de la chimie, lui, a dégagé un bénéfice en baisse de 90 MDH, et les sociétés informatiques marquent un recul de 10 MDH par rapport à 2008.
Au final, la marge opérationnelle du marché s’apprécie de 3,9 points pour atteindre 21,8%, et la marge nette de 2,7 points pour s’établir à 13,6%.