L’assurance en Côte-d’Ivoire, un important potentiel de développement

Hors Afrique du Sud, le pays draine un peu plus de 24% des primes totales émises par les 16 pays de la FANAF. Le taux de pénétration reste faible à 1,7%, mais loin devant d’autres pays de la région.

La côte d’Ivoire se démarque de plus en plus. C’est le pays le plus dynamique de l’Afrique de l’Ouest de par le taux de croissance qu’il affiche sur ces dernières années, l’afflux des investisseurs étrangers pour ce pays et le montant des investissements qui y est orienté. A côté des secteurs du BTP, de l’immobilier, des services…, le secteur des assurances se développe fortement, surtout en assurance Vie et ce, en dépit des différentes crises et perturbations socio-économiques que traverse le pays. Il reste d’ailleurs le principal pays de la CIMA (Conférence internationale des marchés d’assurance, qui regroupe une quinzaine de pays africains lusophones et francophones.

A fin 2014 (dernières données disponibles), la trentaine de compagnies d’assurance que compte le pays ont totalisé des primes émises directes Vie et Non Vie de 247,2 milliards de francs CFA, en hausse de 4,9% par rapport à 2013, selon un rapport de la FANAF (Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines) publié en février 2016. Depuis 2010 jusqu’en 2014, le taux de croissance moyen s’est établi à 6,4%. Hors Afrique du Sud, le pays draine un peu plus de 24% des primes totales émises par les 16 pays de la FANAF, sachant qu’elles ont atteint 1012,6 milliards de FCFA, en progression de 8,4% sur la période. Il est suivi directement par le Cameroun avec une part de 15,2%, le Gabon avec 12% et le Sénégal avec un poids de 10%.

A eux 4, ces pays représentent 61% du marché de la FANAF. Viennent ensuite le Congo Brazzaville, le Burkina, le Bénin et le Togo (entre 3% et 8%), et les autres pays (Burundi, Centrafrique, Guinée Conakry, Madagascar, Mali, Niger, Rwanda, Tchad) qui totalisent 19%. Il faut noter que l’Afrique du Sud, qui était forte d’une part de marché de 80% des primes émises, a vu cet indicateur fléchir consécutivement à l’accroissement de la part des pays du Maghreb et ceux de la zone CIMA.

Le pays dispose d’une répartition plus ou moins équitable entre le chiffre d’affaires Vie et Non Vie avec une évolution plus importante de la 1ère branche. En effet, les primes émises de ce segment se sont élevées à fin 2014 à 110,5 milliards de FCFA, en hausse de 6,4% sur une année, avec un taux de croissance annuelle moyen de 7,7% depuis 2010. D’une progression moins appuyée, les primes Non Vie ont augmenté de 3,7% en 2014 pour atteindre 136,7 milliards de FCFA, soit un TCAM de 5,4% sur la période.

Un taux de pénétration de 1,71%

Le taux de pénétration de l’assurance dans ce pays reste faible. Il se situe à 1,71% contre 1,94% pour le Togo. Dans les autres pays, le ratio (primes émises rapporté au PIB) est encore plus faible, allant de 1,4% pour le Gabon à 0,2% au Tchad. Notons tout de même qu’en dépit de son faible niveau, il a enregistré une progression depuis 2010, où il était situé à 1,57%, soit un rebond de 14 points de base. Dans ces conditions, c’est la branche Non Vie qui dispose d’un taux de pénétration plus élevé que le segment Vie, de 0,95% contre 0,76%. C’est dire tout le potentiel de croissance que recèle le pays et qu’il serait aussi intéressant, pour les assureurs marocains, de saisir.

L’intérêt que manifeste la Côte d’Ivoire pour développer le secteur des assurances n’est plus à prouver. Il est amené à se développer davantage avec l’entrée en vigueur de l’assurance maladie universelle qui aurait démarré en septembre dernier. D’où l’obligation des compagnies d’adapter leurs offres en vue de couvrir les besoins de la population, surtout que 5% seulement des citoyens du pays bénéficient de la protection sociale.

Toutefois, bien que des avancées remarquables aient été enregistrées, il n’en demeure pas moins qu’il reste une énorme lacune à combler, relative notamment à l’éducation en matière de culture d’assurance. Cela devrait passer par l’adaptation des produits proposés aux réalités culturelles et sociales des populations. Il faudrait prêter une attention particulière à la prestation liée à l’assistance pour rendre tout le pack plus utile et en ligne avec les besoins quotidiens des habitants. Par ailleurs, les Ivoiriens ne font pas assez confiance aux assureurs, en raison surtout du retard des indemnités à percevoir, de la non- couverture de certaines garanties…

Au final, dans un marché africain où moins de 1% de la population peut accéder au marché de l’assurance, les marges de manœuvre sont de taille. Allusion faite au développement des produits et des prestations de micro-assurance destinés à une catégorie de population à faible revenu et qui constitue la majorité de la population ivoirienne.