La fusion de la BCP avec la BPR de Casa déjà  créatrice de valeur

Avant même d’exploiter toalement les synergies de sa fusion avec la Banque régionale de Casablanca, la BCP profite déjà  d’une rentabilité et d’une productivité en forte croissance.

Pour le premier exercice de son nouveau profil de banque universelle, après l’absorption de la banque de détail issue du même groupe coopératif, à savoir la BPR de Casablanca, la Banque Centrale Populaire (BCP) publie des performances des plus louables qui viennent confirmer les anticipations de la place de Casablanca, où le titre a réalisé un véritable rallye boursier en 2010 avec un bond de 73%, à 430 DH.
En effet, avant même d’exploiter totalement les synergies promises par la fusion et identifiées notamment au niveau de la mutualisation des back-offices de traitement des fonctions support (gestion des ressources humaines, comptabilité, logistique…), cette opération propulse déjà les indicateurs de rentabilité et de productivité du groupe. Ainsi, dans le sillage d’une croissance, en proforma, de 9,7% des créances sur la clientèle, et de 12,1% du PNB consolidé, qui atteignent respectivement 146 milliards de DH et 10 milliards de DH, la marge opérationnelle de la BCP bondit de 37% à 41%, et le coefficient d’exploitation baisse de 1,1 point à 45,8%.
Quant à la rentabilité financière (ROE), elle se maintient pour l’instant à près de 15%, sachant que le coût du risque a presque triplé en 2010 en s’établissant à 823 MDH, ce qui a inhibé au passage la performance du résultat net (+6% à 3,1 milliards de DH).
Mais gageons que la martingale de la fusion (excédent des fonds propres de la BCP au service de l’expansion du crédit de l’ex-BP Casablanca et large bassin des dépôts de la clientèle de celle-ci au service de l’activité de financement et d’investissement de celle-là) fonctionnera mieux à partir de 2011 et pourra à moyen terme hisser le ROE aux alentours de 20%. D’ores et déjà,  le rapport entre les fonds propres et les créances sur la clientèle a été divisé par deux en revenant à 9,3%, ce qui le rapproche des niveaux habituels chez les banques universelles.