Grand point d’interrogation sur Ennakl Automobiles

En 2010, les revenus de la société ont progressé de 29% et le résultat net de 10%. Mais faut-il trop s’attarder sur ces chiffres alors que l’essentiel se passe en 2011 ?

Est-il pertinent de trop s’attarder sur les résultats 2010 d’Ennakl Automobiles, alors que les événements de janvier 2011 en Tunisie révolutionnent -au propre et au figuré- tout l’avenir de la société ? C’est encore plus vrai avec la publication, fin mars dernier, d’un décret-loi portant confiscation des avoirs d’une liste de 112 personnes, dont Sakher el Materi, gendre du président tunisien déchu Zine el Abidine Ben Ali, et propriétaire entre autres d’Ennakl. Le décret-loi, qui concerne les avoirs et biens meubles et immobiliers ainsi que tous les droits acquis après le 7 novembre 1987, a au moins le mérite d’offrir un début de visibilité. Puisqu’on sait maintenant que la société appartiendra purement et simplement à l’Etat tunisien.
Mais la question reste entière quant à l’avenir de cette future participation : sera-elle revendue ? Dans quelles conditions ? Et dans quels délais ? Cela se fera-t-il par l’actuel gouvernement, provisoire, ou sera-t-il du ressort des prochains ? Quid des partenaires étrangers et des actionnaires minoritaires ? Bref, autant de questions qui n’auront certainement pas de réponse à très court terme… Surtout qu’avec cette confiscation, l’Etat tunisien sera propriétaire d’Ennakl, de City Car, de Peugeot, de Ford, de Land Rover, de Chevrolet, de Jaguar…
Dans ces conditions, au 31 mars, deadline pour les publications annuelles, le management de la société n’avait toujours pas pu se réunir pour arrêter les comptes au 31 décembre 2010. Les comptes provisoires de cette société gérée depuis février par un administrateur judiciaire sont plutôt positifs : chiffre d’affaires en hausse de 29%, résultat d’exploitation et bénéfice net en progression respectivement de 26% et 10%.