Diac, un sauvetage qui risque d’arriver trop tard

Les fonds propres de Diac sont quasiment au minimum réglementaire et les provisions pour créances malsaines affichent un manque de 172 MDH. La société est virtuellement en faillite.

Alors que le feuilleton de sauvetage de Diac Salaf ne cesse de connaître des rebondissements au fil de l’apparition de nouveaux chevaliers blancs, une seule constance se précise au fil des exercices : l’inexorable marche vers l’agonie. En effet, après que le CMKD, qui avait envisagé de faire de l’éclopé des sociétés de financement son bras armé dans la finance islamique, eut jeté l’éponge en 2010, Diac Salaf s’est retrouvée à nouveau face un avenir des plus sombres. Aussi, en attendant le messie qui semble porter depuis quelques mois la couleur verte du Crédit Agricole du Maroc, l’exercice 2011 confirme-t-il la descente aux enfers entamée depuis 2007, avec un chiffre d’affaires en recul, des encours en dégonflement permanent (passant sous les 200 MDH contre plus d’un milliard en 2002) et des fonds propres qui continuent de fondre comme neige au soleil en chutant à 59 MDH, dans le sillage d’une nouvelle perte nette de 18,1 MDH (ce qui les rapproche dangereusement au niveau minimum requis de 50 MDH). Le seul point positif dans ce tableau de désolation est incarné par le retour au vert du produit net bancaire qui s’établit à 2,3 MDH, et ce, grâce principalement aux renégociations des conditions de refinancement avec les banques créancières.
Quant au rapport du commissaire aux comptes, il est encore plus révélateur sur l’ampleur de la déroute financière de celle qui fut une décennie auparavant un des fleurons des sociétés de financement au Maroc. Avec un sous-provisionnement de 172 MDH relatif aussi bien aux créances malsaines sur la clientèle qu’aux engagements sur les autres sociétés du groupe Diac, Diac Salaf est virtuellement en faillite et hors loi bancaire.
Les prochains mois risquent donc d’être décisifs et cette fois, l’absence d’adossement à un institutionnel pourrait bel et bien signifier un acte de décès définitif.