BANQUE PRIVEE : Les conseillers recommandent d’investir dans les produits à rendement certain

Les clients fortunés optent davantage pour les fonds à capital ou rendement garanti. La rémunération des produits de taux et bancaires est de moins en moins intéressante. Les contrats d’assurance vie restent un placement régulièrement investi.

Les private bankers proposent une panoplie de produits à leurs clients; et dans cet univers de produits de placement, ils sont obligés de s’adapter à chaque contexte. Du coup, la vigilance reste de mise afin d’apporter les réajustements nécessaires au portefeuille d’investissement de leurs clients, et ce en fonction de la stratégie mise en œuvre.

Il faut dire que beaucoup de clients, friands aux risques ne préfèrent pas «jouer» avec leur patrimoine et optent donc pour des produits façonnés sur mesure, en prenant en compte leurs besoins et dont au moins le capital est garanti. Au mieux, les conseillers patrimoniaux les orientent vers les placements liquides surtout, à l’instar des OPCVM monétaires et obligataires à court terme, qui malgré leur rendement minime, sont dénués de tout risque.

A côté, les produits structurés et d’assurance vie, représentent des placements régulièrement investis, comme l’atteste l’évolution des primes collectées par les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance de 35% à fin 2016. «Et s’il y a bien une clientèle derrière le développement de ce créneau, c’est bien celle de la banque privée», explique un banquier privé. En plus de sa nature qui fait de la bancassurance, un produit de placement à rendement sûr et à risque minime, voire nul, les clients allouent de plus en plus d’importance à l’aspect retraite et à la constitution de l’épargne, en vue d’assurer leur avenir ou de celui de leurs descendants. En tout cas, un rendement de base est assuré d’une manière réglementaire, auquel s’ajoute une participation aux bénéfices. Il est vrai qu’il s’effrite ces dernières années, mais reste toujours intéressant, aux alentours de 4%.

Un autre élément vient conforter cette tendance. Il s’agit de la  rémunération de moins en moins intéressante qu’offrent les produits de taux, les produits bancaires ou même les actions. D’où l’effet d’éviction vers les produits de la bancassurance essentiellement. D’ailleurs, depuis le début de cette année, la performance du principal indice de la Bourse de Casablanca a atteint à peine 6%.

Le marché actions concurrence certes les produits susmentionnés en terme de rendement. Toutefois, en plus du risque que l’investissement comporte, l’aspect lié à la fiscalité est à prendre en considération notamment. Au moment où les produits de la bancassurance bénéficient d’abattements ou d’exonération en fonction de la durée de détention du produit, le gain réalisé sur le marché actions est assujetti à une TPCVM de 15%. En tout cas, l’investissement direct dans le marché actions n’est pas vraiment plébiscité. Il est recommandé à travers les OPCVM actions ou encore les fonds diversifiés dont la rémunération moyenne avoisine 13% et 5,7% respectivement. En excluant l’investissement en bourse, le placement dans les autres produits de placement ne semble plus intéressant, en commençant par les DAT. Leur rendement net a tellement baissé qu’y investir revient à se protéger contre l’inflation, et encore ! En effet, la rémunération des comptes bloqués s’est établie à fin septembre (derniers chiffres de Bank Al-Maghrib) à 2,78% pour ceux à échéance 6 mois et à 3,09% pour ceux dont la durée est de 12 mois.

En outre, cela fait plus d’une année que la rémunération des taux des bons de trésor n’est plus aussi intéressante. Et c’est la même situation qui domine depuis quelques années. Il faut dire que l’amélioration du déficit budgétaire et le recours limité de l’argentier de l’Etat au marché domestique ont eu pour conséquence de tirer les taux vers le bas. Les investisseurs de leur côté, conscients de cette situation, ont réduit leurs exigences de rendement et se sont alignés sur ce que l’Etat offre comme rémunération. A la dernière date d’adjudication, le rendement a varié entre 2,1% pour la courbe des taux à échéance 13 semaines, 2,42% pour les taux de 2 ans et 3,3%  pour l’échéance de 10 ans. Quoi qu’il en soit, en attendant que les placements les plus rémunérateurs connaissent de beaux jours, les clients acceptent de voir leur rendement baisser. Ce qui pousse les conseillers à opter pour des placements sûrs mais moins rémunérateurs.