Banque privée : France, La banque privée fait face à de nombreux défis

Des arbitrages ont été effectués pendant la période post-crise, vers des produits moins risqués mais nettement moins rémunérateurs. La réglementation est devenue de plus en plus contraignante et génératrice de coûts supplémentaires.

Au moment où la banque privée est en plein essor au Maroc, elle commence à montrer ses limites en France. En effet, elle devient de moins en moins rentable. Selon le cabinet de conseil en management dédié à l’industrie financière, MPG Partners, le coefficient d’exploitation des banques privées en Europe est en chute, perdant au passage quasiment 20 points, passant de 85 à 65%. Entre l’inflation des textes réglementaires et l’évolution des besoins des clients dans un environnement post-crise, la gestion privée est confrontée à des défis majeurs et doit surmonter bien des obstacles pour rester pérenne. Derrière ce changement de donne, la crise financière qui a entraîné une fonte des actifs financiers et à une aversion au risque des clients. Il faut dire que les clients espéraient davantage de réactivité et de communication de la part de leurs gestionnaires de patrimoine. Chose qui n’a pas été correctement réalisée. D’autant que, selon le cabinet, des arbitrages ont été effectués pendant la période post-crise, vers des produits moins risqués mais nettement moins rémunérateurs au détriment des unités de compte, comportant un risque élevé mais sont assortis d’un rendement plus intéressant. Par ailleurs, la réglementation est devenue de plus en plus contraignante et génératrice de coûts supplémentaires. Tous les acteurs, doivent faire face à l’inflation réglementaire et la profession de la gestion privée ne peut nier la volonté du régulateur de s’inscrire dans une logique croissante de protection des investisseurs et de transparence. Parmi les plus importantes réglementations du secteur, on peut citer la Directive MIFID avec l’introduction des obligations de classification client, l’obligation de rendre transparentes les rémunérations via l’interdiction des rétrocessions pour les conseillers indépendants…

Les banques et les assureurs, pour leur part, doivent faire face à de  nouvelles exigences telles Fatca qui introduit la notion de lutte contre l’évasion fiscale, la possible levée du secret bancaire… dans ces conditions, le métier de banquier privé est profondément impacté, dans le sens où de nouvelles contraintes sont apparues liées par exemple à la formation, aux systèmes de contrôle, de segmentation des clients et d’organisation, et entraînent de facto une réadaptation des systèmes informatiques. Il faut savoir que cette réadaptation est génératrice de coûts supplémentaires, ce qui affecte la marge de manœuvre des acteurs qui s’en trouve réduite sur les aspects de vente.

Cela se matérialise par les négociations qui sont devenues tendues avec les clients, les marges sous pression et le conseil est dévalorisé.

D’où la nécessité de revoir tout le business model de la banque privée, ou au mieux de l’optimiser et le faire évoluer. Allusion faite au positionnement, à l’élargissement de l’offre,  à la segmentation, à la refonte du modèle de tarification…, il s’agit également de tirer parti essentiellement des synergies commerciales dans un groupe, entre maison-mère, filiales dédiées au Retail, banques d’affaires ou des sociétés de gestion rattachées… Ces banques capitalisent sur leur large réseau pour attirer et retenir les individus à fort pouvoir d’épargne.

En France, les clients de la banque privée sont répartis selon plusieurs segments, en fonction de leur niveau de patrimoine. De 50 000 à 100 000 euros, ce sont les clients qui sont à la frontière entre la banque privée et la banque de masse, appelés mass affluent. Les «High net Worth individuals» sont ceux dont la fortune est comprise entre 150 000 et 500 000. Ils sont appelés «very High net worth individuals» quand leurs avoirs varient de 1 à 5 millions et «ultra High net Worth individuals» pour les avoirs entre 30 et 100 millions. Les services proposés à ces différents types de clientèles sont désignés par des termes variés selon le degré de sophistication offert : gestion de portefeuille (Gestion des investissements) ou gestion de patrimoine (Gestion de l’ensemble du patrimoine avec assurances, finances, placements, fiscalité, retraite, succession, aspects légaux ) ou, gestion privée (Gestion de patrimoine avec des clients bien nantis dont la situation présente une plus grande complexité), gestion de fortune ou encore Family-Office (Structures spécialisées dans une offre exclusive très personnalisée et pointue dédiée à quelques familles très fortunées qui ne peut pas être fournie par les banques universelles).