Année 2010 mitigée pour le Crédit du Maroc

Le produit net bancaire augmente de 11%, le coefficient d’exploitation s’améliore de 1,7 point, mais le coût du risque a plus que doublé, faisant dévisser le bénéfice net de 14%.

L’exercice 2010 s’achève sur une note en demi-teinte pour la plus petite banque cotée à la Bourse de Casablanca. Entre barres symboliques franchies à plusieurs étages du compte d’exploitation ou encore au niveau de la taille du réseau, et un coût du risque qui atteint un niveau historique, le Crédit du Maroc a en effet de quoi mitiger une communauté financière habituée de la part du titre CDM à un taux de distribution des bénéfices parmi les plus élevés (70% environ).
Aussi, la filiale du Crédit Agricole de France, qui a dépassé le cap de 300 agences (308 précisément), peut-elle s’enorgueillir d’une croissance plus qu’honorable du PNB consolidé (+11,2%) qui s’est hissé à plus de deux milliards de DH. Une amélioration d’autant plus louable qu’elle comporte une meilleure contribution de la marge sur commissions (dont la quote-part dans le PNB dépasse pour la première fois les 15%) et s’accompagne d’une hausse de la productivité, avec un coefficient d’exploitation qui revient à 46,5% (-1,7 point). Dans le sillage de ce mouvement vertueux, le résultat brut d’exploitation consolidé dépasse le niveau d’un milliard (1 070 MDH) en enregistrant au passage une rentabilité opérationnelle des plus élevés du secteur, à 37,2%.
Jusque-là, que de bonnes nouvelles pour l’actionnaire de référence qui a cassé sa tirelire en 2010  pour racheter 15% additionnels du capital de sa filiale marocaine en y montant à 77%. Mais le coût du risque qui a plus que doublé, à 481 MDH, a fait dévisser finalement de 14% le résultat net part du groupe, à 363 MDH, et de près de 4 points le ROE, à 12,7%. Mise en relief avec la stagnation des créances sur la clientèle aux alentours de 32 MDH en 2010, cette contre-performance risque de resserrer davantage le robinet du crédit d’une banque réputée déjà assez prudente avec un taux de contentieux historiquement faible.