Agma Lahlou Tazi toujours en panne de croissance

Les primes encaissées et le chiffre d’affaires du courtier d’assurances coté tournent depuis des années aux alentours d’un milliard et de 100 MDH respectivement.

Les années se suivent et se ressemblent chez le seul courtier d’assurances coté à la Bourse de Casablanca. A chaque communiqué financier d’Agma Lahlou Tazi (ALT), la comparaison avec la copie de l’année précédente ressemble au jeu de «recherchez les sept erreurs». A commencer par un volume de primes encaissées et un chiffre d’affaires qui tournent respectivement depuis plusieurs années au voisinage d’un milliard de DH et 100 MDH. L’année 2010 marque, toutefois, un léger rebond de la marge opérationnelle qui gagne 0,6 point, à 52%, et profite d’un effet de ciseau inversé avec une évolution positive du chiffre d’affaires (+1,7%, à 103,3 MDH) et une réduction des charges d’exploitation. L’accélération de la croissance, même à un rythme ténu, se poursuit en «descendant» le compte de résultats, avec un bénéfice net qui progresse de 3%, à 40,5 MDH, ce qui hisse la rentabilité des fonds propres à 51%, soit un niveau des plus élevés de la place.
Ceci n’a pas empêché les actionnaires de réduire le dividende par action pour la troisième année consécutive en le ramenant à 200 DH par action, ce qui correspond toutefois à un taux de distribution élevé, à 99%. Il faut dire que le niveau actuel de fonds propres (78 MDH) couvre largement le financement du Besoin en fonds de roulement (BFR) qui ne dépasse pas quelques mois de chiffre d’affaires.
Au-delà des performances financières, Agma pâtit principalement d’une panne de croissance et une certaine dépendance «interne». Une équation qui ne présage en rien d’un redécollage à court terme du volume d’activité, sachant que les banques, dont l’activité bancassurance a siphonné une bonne partie de l’Assurance de personnes, aiguisent déjà leurs appétits pour attaquer le marché de l’Assurance automobile (plus de 40% du marché total de l’assurance).