Filière semencière : une activité qui a prés d’un siècle au Maroc

• Elle est centenaire mais doit aussi être considérée comme une solution d’avenir.
• Les obtenteurs doivent proposer des semences plus performantes en termes de rendement, de qualité et de tolérance aux maladies.
• Deux projets d’agrégation semenciers et 12 grands projets semenciers ont été réalisés entre 2008 et 2019.

La filière semencière marocaine regroupe un grand nombre d’activités complémentaires visant la création, la production, la multiplication et la commercialisation des semences. «Il n’est nullement besoin de rappeler l’importance de la semence, qui constitue le premier maillon de la chaîne de valeur et un vecteur primordial d’innovation et de progrès. D’ailleurs, l’importance du progrès génétique dans l’amélioration de la production et de la productivité agricole est illustrée au niveau des pays que nous considérons comme des puissances agricoles mondiales», indique Ahmed Ouayach, président de la Fédération nationale interprofessionnelle des semences et des plants (FNIS).
La filière est centenaire mais doit aussi être considérée comme une solution d’avenir. En effet, l’activité semencière au Maroc a débuté depuis les années 20 et notre pays a été à une époque l’un des principaux fournisseurs du pourtour méditerranéen en semences. Aujourd’hui, il compte parmi les trois grands pays semenciers avec l’Afrique du Sud et l’Egypte.
Les obtenteurs doivent proposer des semences toujours plus performantes en termes de rendement, de qualité et de résistance aux maladies. «Pour répondre aux problématiques d’actualité, de nouveaux caractères sont recherchés comme la tolérance à la sécheresse et le respect de l’environnement pour proposer des variétés de moins en moins consommatrices en eau et en intrants (pesticides, engrais). Cette recherche est longue, coûteuse et demande des investissements importants et constants», TABajoute-t-il.
Il s’agit donc d’une filière scientifique et technique, qui est de ce fait soumise à une réglementation stricte et à un contrôle constant de la part des services compétents de l’Office national de la sécurité sanitaire et des produits alimentaires (ONSSA) sur toute la chaîne de valeur (obtention, multiplication, production et utilisation) afin d’assurer aux utilisateurs une haute qualité agronomique. Cette filière voit également cohabiter un secteur public fort et un secteur privé en évolution. Comme toute filière d’importance stratégique, l’activité technique et scientifique et l’ensemble des acteurs en présence sont soutenus par les pouvoirs publics et notamment par le Plan Maroc Vert jusqu’en 2020.
«Le Plan Génération Green 2020-2030 va certainement consolider les acquis et permettre d’achever les chantiers entrepris dans de bonnes conditions», conclut notre source. D’ailleurs, le nouveau modèle de développement présenté récemment à S.M TABMohammed VI a hissé au premier rang la souveraineté alimentaire, le développement d’une agriculture moderne à forte valeur ajoutée, inclusive et responsable, et le renforcement de l’activité de la recherche et développement.
En tout cas, durant la période 2008-2019, la filière a enregistré plusieurs avancées dont la réalisation de 2 projets d’agrégation semenciers et de 12 grands projets semenciers, dans le cadre des PPP, le renforcement de la multiplication en irrigué, sur 30 000 ha et l’extension du réseau de distribution, avec 500 points de vente de semences de céréales et 1 500 points de vente d’autres semences. De plus, la filière a connu l’élaboration et la publication des règlements techniques de l’arganier, safran, figuier, fruits rouges, grenadier, roses à parfum et rosacées à pépins, et l’amendement et publication des règlements techniques du palmier dattier, des céréales et des pommes de terre. En plus, quatre laboratoires régionaux de contrôle de l’ONSSA ont été créés dont le labo agropole Berkane, celui de Meknès, de Bouznika et le laboratoire au Qualipole de Tadla.