Fès-Boulemane : l’olive, le blé et les légumineuses

La région est dominée par des cultures à  faible rendement et compte un cheptel important : 1,3 million de têtes.
L’investissement prévu est de 10,7 milliards de DH. 77% pour les productions végétales, 10% pour la filière animale et 13% consacrés à  des projets transverses.

Le diagnostic

A l’image du secteur, l’agriculture dans la région de Fès-Boulemane reste dominée par les céréales cultivées en bour qui occupent une importante superficie, alors que la filière est loin d’afficher des niveaux de rendement et de rentabilité acceptables (1 300 DH/ha), ni de créer suffisamment d’emplois. Les légumineuses, autre culture très répandue dans la région, ont également une faible valeur ajoutée : 1 500 DH/ha. Les cultures maraîchères, en irrigué ou en bour, dégagent une valeur ajoutée à peine plus élevée de l’ordre de 2 500 DH/ha. En revanche, la région comprend des superficies agricoles dédiées à des cultures à plus haute valeur ajoutée et davantage créatrices d’emplois. Ainsi les cultures du pommier, du câprier et de l’olivier, entre autres exemples, malgré le fait qu’elles soient encore pratiquées de manière traditionnelle, dégagent une valeur ajoutée qui peut varier entre 6 500 et 15 000 DH/ha.
La région compte également un cheptel très important d’ovins et de caprins (plus de 1,3 million de têtes), mais exploité de manière très traditionnelle. La filière viande rouge d’ovins et de caprins représente le plus grand contributeur au chiffre d’affaires et à la création de valeur ajoutée vue l’importance de l’espace de pacage dans la région (1,5 million ha). La production de viande volaille constitue le deuxième contributeur au chiffre d’affaire du secteur, du fait des conditions climatiques favorables.
La filière laitière est également importante avec 130 000 vaches laitières (dont 93% de race améliorée) et une productivité de 3 500 litres de lait par tête et par an en zone irriguée et 2 100 litres par tête en zone bour.

Ce que prévoit le plan régional

L’investissement global, prévu dans le plan régional sur la période 2009-2020, est estimé à 10,7 milliards DH. 77% de ce montant concerne le développement de systèmes de production végétale, 10% vont à la production animale et 13% à des projets transverses. L’Etat prendra en charge 37,5% des investissements alors que les agrégés et les agrégateurs supporteront 62,5% des investissements restants. Les projets identifiés qui profiteront de ces investissement sont au nombre de 108 dont 85 dans la grande agriculture et 23 dans le volet de la mise à niveau de la petite agriculture.
Grâce à un investissement de 8,25 milliards de DH, les 53 projets de production végétale se déploieront dans l’agrégation et l’amélioration de la productivité de la production de céréales, ainsi que l’intensification de la production de semences (maraîchage), de légumineuses, de rosacés, de câpriers, et de façon marginale, le safran et la lavande.
La production animale, pour sa part, captera 1,1 milliard de DH alloués à 55 projets d’intensification et de valorisation de la production de viandes rouges bovines, ainsi que la réhabilitation et la modernisation de 5 abattoirs et 5 marchés aux bestiaux. Il faut y ajouter des projets d’intensification de la production de viande de volailles, d’agrégation de la production de lait, et de développement de la production de miel.
Pour le volet «actions transverses», le plan régional estime l’investissement à 1,33 milliard de DH notamment dans le domaine de la modernisation de l’irrigation, de l’épierrage et de la formation par apprentissage des enfants d’agriculteurs.

Les impacts attendus

Selon les prévisions du plan régional, la région de Fès-Boulemane devrait, à l’horizon 2020, produire quelques 540 000 tonnes d’olives contre 67 000 t actuellement et ce grâce à l’extension des superficies réservées à cette culture qui passeront de 56 000 à 120 000 ha. Le maraîchage est la deuxième filière en termes d’évolution dont la production passera 243 000 à 1,6 million de tonnes. Grâce à ces cultures plus rentables, la valeur ajoutée agricole dans la région devrait passer de 1 à 4,35 milliards de DH et les exportations de 7 300 à 25 000 tonnes par an.   
Au terme du Plan agricole dans la région de Fès-Boulemane, la valeur de la production globale devrait augmenter de 296% suite à l’amélioration des niveaux de production. La progression de la valeur de la production végétale est estimée à 391%, celle de la production animale à 153%.
La reconversion des superficies actuelles de la luzerne et du bersim en maïs fourrager sous irrigation localisée permettra une valorisation de l’eau d’irrigation à 9 DH/m3 en 2020 au lieu de 1 à 3 DH/m3 actuellement. L’introduction de cultures à haute valeur ajoutée en grande hydraulique entraînera une meilleure valorisation de l’eau d’irrigation (primeurs et raisins de table par exemple).
A l’horizon 2020, l’activité agricole régionale créera 86 300 emplois stables en milieu rural, soit 64% de plus qu’actuellement. 14 millions de journées de travail (JT) supplémentaires seront générés par les activités de production végétale et 11,7 millions seront issues des activités de production animale.