Fermetures d’entreprises : après le textile, les autres industries et les services trinquent

60 entreprises ont fermé leurs portes au premier semestre 2010 contre 57, au cours de la même période en 2009.
Dans les autres industries, les fermetures ont plus que doublé, mais le nombre de salariés licenciés a baissé par rapport au premier semestre 2009.

Décidément, le textile et cuir est le secteur où l’activité semble avoir du mal à reprendre des couleurs ; c’est ce qu’indiquent les chiffres du ministère de l’emploi portant sur les fermetures d’établissements et les compressions d’effectifs au cours des six premiers mois de 2010.
En effet, 40% des fermetures d’établissements et 74,5% des effectifs licenciés l’ont été dans le secteur du textile et cuir. En valeurs absolues, ce secteur a procédé, entre janvier et juin 2010, à la fermeture de 24 établissements, un chiffre certes en baisse par rapport à celui enregistré à la même période de 2009 (38 fermetures). Mais compte tenu du sous-encadrement des délégations du ministère de l’emploi, qui effectuent ce genre de recensement, ces statistiques sont à relativiser. «Elles ne sont pas exhaustives, le nombre de fermetures, dans ce secteur comme dans d’autres, est peut-être plus élevé», confie un inspecteur du travail.
Dans tous les cas, c’est le premier secteur où l’on enregistre le plus de fermetures et aussi le plus de licenciements :
5 699 sur un total de 7 645, soit donc 74,5%.
En deuxième position, on trouve les autres industries, avec 20 fermetures d’établissements sur un total de 60, soit 33,33%. A la même période de 2009, ces autres industries ne totalisaient que 8 fermetures sur un total de 57 (14,03%). L’augmentation est donc de…150%. Pour le nombre de salariés licenciés, les «autres industries» ont congédié 1 412 travailleurs, un chiffre en baisse de 17,3% par rapport à celui de 2009 (1 708 licenciements).
Les services également semblent connaître des difficultés puisque aussi bien le nombre de fermetures (15) que le nombre de salariés licenciés (387) ont tous deux connu des hausses : + 50% et + 21,7% respectivement.

Services : les fermetures en hausse de 50% et les licenciements de 21,7%

Dans le BTP, par contre, on n’a enregistré aucune fermeture au cours du premier trimestre 2010 et seulement
une fermeture à la même période de 2009. En revanche, il y a eu 7 compressions d’effectifs (contre 2 en 2009) et 123 salariés licenciés contre 109 en 2009. Mais ces chiffres sont probablement loin de refléter la réalité, non plus seulement en raison du manque d’effectifs dans les délégations de l’emploi, mais aussi parce que cette activité est parmi celles où l’informel est le plus répandu, particulièrement dans la branche bâtiment. En y ajoutant les variations climatiques, qui influent sur le niveau de l’activité, on comprend qu’il est difficile d’obtenir des statistiques fiables à ce niveau.
La même observation peut être formulée à propos du secteur agricole : effet de saisonnalité très fort, prédominance des petites exploitations, souvent à caractère familial et très faible connexion de ce secteur à celui de l’industrie. Tout cela engendre un niveau de volatilité de l’emploi très élevé et des difficultés à collecter des informations exactes. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que seul 1 établissement ait fermé au premier semestre et «seulement» 24 salariés aient été licenciés. Ces chiffres sont à rapprocher de ceux du Haut commissariat au plan (HCP) qui, lui, procède à des extrapolations à partir d’enquêtes sur un échantillon de ménages ruraux et urbains. A fin juin 2010, le HCP a estimé à 83 000 le nombre de postes de travail perdus dans l’agriculture. Il faut préciser toutefois que le HCP et l’emploi ne travaillent pas de la même façon. Le premier produit des statistiques officielles à partir d’enquêtes traitées selon des méthodes d’extrapolation, et, surtout, ses chiffres sont établis en glissement annuel. Autrement dit, les 83 000 postes perdus, l’ont été sur la période qui va de juin 2009 à juin 2010. En revanche, les données du ministère de l’emploi sont directement relevées sur le terrain et portent sur la période observée. C’est là à la fois leur intérêt mais aussi leur limite. Comme déjà souligné, les inspecteurs du travail sont numériquement très réduits, ils ne peuvent, quoi qu’il en soit, couvrir l’ensemble des activités, sur l’ensemble du territoire et de façon répétitive puisque les «relevés» sont censés être effectués tous les mois !