Farine nationale : nouvelle proposition des minotiers

Ils demandent à l’Etat d’introduire la transparence dans la commercialisation de la farine nationale (FNBT) à travers des appels d’offres

Les droits de douane sur l’importation de blé bientôt levés.

Les droits de douane sur l’importation de blé, mis en place depuis juin dernier pour favoriser la commercialisation de la production nationale, devraient être levés incessamment. Une source bien informée croit savoir en effet que cette décision interviendra à la fin de ce mois, à l’occasion de la promulgation de la Loi de finances 2007.

Il était temps. La profession meunière, depuis quelque temps déjà, n’a cessé d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le non-sens d’une protection douanière de cette importance (130 % pour le blé tendre), décidée dans une conjoncture marquée par un extraordinaire renchérissement des cours mondiaux du blé. Il est significatif à cet égard que même les importations qui devaient intervenir dans le cadre du contingent à tarifs préférentiels prévus dans les accords de libre-échange avec les Etats-Unis n’ont pas été réalisées ; les appels d’offres lancés à cet effet ayant été déclarés infructueux, faute de soumissionnaires. C’est dire si les prix des blés à l’international ont atteint des niveaux qui, en eux-mêmes, constituent déjà une barrière douanière suffisamment dissuasive.

L’exemple de la filière oléagineuse est instructif
En réalité, même si cette protection est levée, et elle le sera de toute façon, la profession ne semble pas pour autant être arrivée au bout de ses peines. Ceux qui, parmi les meuniers, ont cru en cette filière, ont investi pour sa modernisation et sa mise à niveau, espérant à chaque fois que l’achèvement de la libéralisation promise était pour bientôt, sont ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, se disent déçus par des atermoiements qu’ils ne comprennent pas. «Pour maintenir le statu quo, on avance toujours le même argument : la protection des classes défavorisées. Cet argument est éculé. Le Maroc a évolué, les Marocains d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’il y a 20 ou 30 ans. Pourquoi ne pas prendre exemple sur l’huile : la libéralisation, que l’on craignait au départ, a eu pour résultat d’offrir au citoyen une variété de choix avec à la clé des prix correspondant à toutes les bourses».

Conscients des blocages, peut-être plus psychologiques que réels, qui empêchent pour l’instant d’aller vers une libéralisation totale de la filière, certains meuniers, pragmatiques, proposent au gouvernement, en attendant, de gérer autrement la subvention qu’il octroie pour les 12 millions de quintaux de blé, destinés à la fabrication de la farine nationale de blé tendre (FNBT). «Pour plus de transparence, et pour une utilisation rationnelle des deniers publics, il est souhaitable que les pouvoirs publics mettent en place un système d’appel d’offres national pour la commercialisation de la farine nationale. Exactement, comme cela a été fait, depuis cette année, pour la commercialisation du blé tendre, et qui est un succès», explique un minotier. Cette façon de faire, précise encore ce dernier, a l’avantage de maintenir la subvention en l’Etat, puisqu’on y tient, tout en introduisant, moyennant des appels d’offres, une concurrence entre les minoteries. Et l’Etat a tout à gagner dans cette procédure : il peut favoriser certaines régions qu’il juge plus demanderesses de farine nationale, contrôler la destination de ce produit et, pourquoi pas, réduire in fine le montant de la subvention. Qui peut-être contre ?