Faire aboutir les chantiers du climat des affaires, grand défi de 2022 !

Évoluant dans une situation sanitaire mouvante, notamment avec les variants et leurs imprévisibilités, les entreprises essaient en ce début d’année de se maintenir avec des contraintes pesantes de productivité et sur fond de baisse de régime généralisée.
Le monde des affaires attend le déploiement des chantiers de la politique nationale du climat des affaires 2021-2025.

Le chiffre donne des sueurs froides. Plus de 10 000 entreprises auraient fait faillite en 2021 ! Ce niveau record de défaillances observé parmi le tissu productif fait suite à un autre record, celui de 2020 avec plus de 6 600 entreprises ayant mis la clé sous le paillasson, 5% de plus qu’en 2019.

Près de 99% des entreprises défaillantes en 2020 sont des TPE dont l’âge moyen tourne autour de 5 ans. Ces données traduisent les difficultés que rencontrent de grands pans du secteur privé pour survivre dans le contexte de crise actuel. Peu recours à la procédure de sauvegarde et de redressement judiciaire. La forte mortalité des entreprises pour l’année 2021 est aussi liée à une relance laborieuse pour plusieurs secteurs en raison des incertitudes liées à l’irruption de nouveaux variants, épisode qui se renouvelle en ce début d’année et qui n’est pas sans laisser planer de grandes inquiétudes dans le monde des affaires ! Pour la majorité des opérateurs, l’amélioration du climat des affaires s’impose en tant que levier principal pour redynamiser le tissu productif et maintenir l’élan de relance observé au cours du deuxième trimestre de 2021.

Du côté des opérateurs, la rentrée économique a été amorcée avec de grands enjeux et beaucoup d’espoirs, sur fond d’inquiétudes liées au contexte local et international. Évoluant dans une situation sanitaire mouvante, notamment avec les variants et leur lot d’imprévisibilité, les entreprises essaient en ce début d’année d’allier la protection des salariés aux contraintes de productivité sur fond de baisse de régime généralisée.  Elles cherchent à se maintenir en attendant de voir plus clair dans les mois à venir.

Il semble évident que le redémarrage de la machine économique ne pourra se faire que grâce à la poursuite des mesures de fond et des initiatives orientées vers les opérateurs économiques dont plus de 95% sont des TPME, fragiles par nature.  L’Exécutif a pris des actions de fond et continue d’en prendre pour assurer une relance tant attendue par l’ensemble des opérateurs nationaux. Ces mesures se veulent un levier efficient et structurant pour accompagner tous les secteurs productifs et remettre l’économie sur les rails de la création de valeur et de la croissance. A ce titre, les données macroéconomiques arrêtées à fin décembre 2021 ont confirmé la pertinence des mesures de soutien prises. Ces dernières sont appelées à être consolidées au cours de cette année.

Le monde des affaires, dans sa posture empreinte d’attentisme, croit dur comme fer que le salut viendra d’une onde de choc liée, entre autres, à l’amélioration du climat des affaires. Le déclic est donc la mise en application des mesures de la nouvelle politique nationale du climat des affaires 2021-2025. Cette feuille de route, adoptée en mai 2021, vise à élaborer une vision stratégique intégrée qui entend réunir les conditions favorables aux investisseurs afin qu’ils puissent contribuer à la création des richesses au Maroc. Elle repose sur trois piliers, en l’occurrence l’amélioration des conditions structurelles de l’environnement des affaires, la simplification d’accès des entreprises aux ressources nécessaires et le renforcement de la transparence, l’inclusion et la coopération entre les secteurs public et privé. Le patronat continue d’insister sur la nécessité de se pencher sur les défis auxquels fait face le secteur privé, en particulier, durant cette crise sanitaire, économique et sociale, notamment à travers l’accompagnement des PME, l’accélération du rythme des réformes portant sur le financement, le capital humain, la commande publique et l’intégration de l’informel.

En ce début d’année, le déploiement des différents chantiers et leur suivi permanent sera le sésame afin d’assurer la réalisation de l’impact escompté sur le tissu économique. D’après les officiels, la mise en place de cette politique est appelée à être flexible, dans la mesure où son contenu sera mis à jour en cas de besoin. Elle s’appuiera sur des mécanismes de gouvernance rassemblant des intervenants des secteurs public et privé, une feuille de route déterminée et un système d’évaluation des réalisations. Sachant qu’à la base elle a été initiée avec une approche participative qui a marqué l’ensemble des étapes de sa préparation, allant du diagnostic des principaux obstacles au développement du secteur privé national jusqu’à la phase d’identification des chantiers de réforme et des priorités de la conjoncture actuelle, lesquelles portent sur la sortie de crise liée à la pandémie qui semble prendre encore des mois, voire des années pour se dissiper !

Les CRI au centre de la dynamique d’amélioration du climat des affaires

Le gouvernement a promulgué, en application des directives royales, la loi portant réforme des Centres régionaux d’investissements (CRI), et instituant les Commissions régionales unifiées d’investissement (CRUI), laquelle constitue une réforme structurelle supplémentaire visant l’amélioration du climat des affaires et le soutien à l’investissement. La clarté de cette vision favorise le pari d’encourager davantage d’investisseurs nationaux et étrangers de mettre en place des conditions meilleures pour le décollage économique et la création des opportunités d’emploi, pour un Maroc plus fort et en mesure de s’adapter à l’après-Covid en particulier.

Il faut dire que les réformes entreprises  notamment avec les partenaires au sein du Comité national de l’environnement des affaires (CNEA), ont permis d’aplanir  certaines difficultés administratives relatives aux autorisations et aux démarches pour la création des entreprises et à l’investissement, de promulguer un nouveau code de commerce, de renforcer la protection des investisseurs, de consacrer les principes de transparence et de bonne gouvernance au sein des sociétés, d’adopter la loi relative aux sûretés mobilières, d’améliorer le cadre juridique, organique et procédural de la commande publique, ainsi que les délais de paiement, et de renforcer la numérisation et la simplification d’une série de mesures et de procédures relatives à l’entreprise (autorisations de construire, raccordement électrique, paiement des impôts et transfert de propriété … ). Mais plusieurs chantiers restent en suspens pour mieux accompagner le secteur privé et lui permettre de rebondir après deux années de turbulences et d’attentisme.

Agir en amont en cartographiantles performances et les mouvements de trésorerie

Selon une note du cabinet Mazars, les habitudes de dépenses ont déjà subi des changements massifs. Alors que les supermarchés, les pharmacies et d’autres entreprises dont l’activité est liée à la demande des consommateurs ont connu des pics sans précédent, d’autres secteurs- l’hôtellerie et les loisirs, par exemple- ont vu leurs ventes chuter. En ces périodes de manque de visibilité, l’entreprise se doit de réviser les prévisions de flux de trésorerie sur une base hebdomadaire et effectuer une analyse des scénarii pour cartographier les performances potentielles et les mouvements de trésorerie, en modélisant divers degrés d’interruption des activités. Cela permettra de disposer d’informations cruciales nécessaires pour échanger avec les principales parties prenantes et bailleurs de fonds de l’entreprise. Une crise sanitaire de cette envergure, qui touche autant d’opérateurs, pousse les patrons d’entreprises à devenir plus ouverts et plus francs dans les échanges. Il existe un sentiment croissant que toutes les entreprises sont sur le même bateau. Si l’entreprise est exposée en raison de faibles réserves, il serait judicieux de reporter les dépenses importantes, discuter des ententes avec les propriétaires et, si nécessaire, augmenter l’endettement auprès des prêteurs.