Factoring : l’activité est en hausse de 30 à  60% au premier semestre !

En 2012, l’encours des créances remises aux sociétés de factoring a dépassé 4,8 milliards de DH, en hausse de 59% par rapport à  2011. Pour les départements des banques dédiés au factoring, les créances acquises par affacturage ont quasiment doublé.

Les professionnels de l’affacturage continuent de profiter de la crise. Après les performances des derniers exercices, l’année 2013 est placée également sous le signe de la croissance à deux chiffres, du moins pour les huit premiers mois. En effet, à en croire les déclarations du directeur du département factoring d’une banque de la place, les créances acquises par affacturage ont augmenté d’environ 30% à fin juin 2013 par rapport à décembre 2012. «Il faut dire que les trois banques qui exercent l’activité d’affacturage via des départements dédiés ont vu leur activité croître dans des proportions allant de 30 à 60%, selon les échos du marché», affirme la même source. Même son de cloche chez les sociétés spécialisées. Selma Tazi, présidente du directoire de Maroc factoring, rapporte une hausse de 36% des remises de créance sur les huit premiers mois de l’année.

Ces performances n’ont rien d’exceptionnel une fois rapprochées à celles des dernières années. En 2011, les sociétés spécialisées, en l’occurrence Maroc Factoring et Attijari factoring, ont vu l’encours de leurs remises de créances croître d’environ 30% pour s’établir à 3 milliards de DH. Mieux encore, en 2012, celui-ci a dépassé 4,8 milliards de DH, en hausse de 59%. Du côté des banques, les créances acquises par affacturage se sont inscrites en hausse de 93% par rapport à 2011, atteignant quelque 6,6 milliards de dirhams.

Avec ce rythme, le marché pèse désormais quelque 11,2 milliards de DH. Il se rapproche ainsi de la taille du crédit-bail qui compte, lui,  une vingtaine d’années de maturité de plus.

Une alternative au financement bancaire

L’engouement pour ce mode de mobilisation des créances est bel et bien justifié. Déjà, l’allongement des délais de paiement induit par le contexte de crise fait en sorte que les opérateurs se rabattent sur les factors pour escompter leurs factures au lieu de les laisser dans les tiroirs. D’un autre côté, «les entreprises se tournent de plus en plus vers l’affacturage du moment qu’elles ont du mal à trouver des financements bancaires. Et aussi parce que nous nous basons sur des garanties morales et sur la qualité du papier qui nous est remis, au lieu d’exiger des garanties réelles comme les banques le font systématiquement», explique MmeTazi. «Les choses ont beaucoup évolué. Un bon nombre de sociétés, bien qu’elles ne soient pas rompues à toute la technicité que revêt ce mode de financement, en savent au moins quelque chose», se félicite-t-elle.

Selon les opérateurs, les entreprises qui ont déjà goûté à l’affacturage en redemandent à chaque nouvelle facture. En plus de la facilité de recouvrer des factures dont le paiement pouvait être hypothétique ou très en retard, le factor fait bénéficier l’entreprise d’un package de services variés et annexes les uns aux autres, notamment la «garantie de non-paiement» (garantie contre le risque de défaillance du client).

L’avance sur facture représente 60% de l’activité des sociétés spécialisées

Avec plus de 60% des opérations des factors spécialisés, la cession de factures est le premier service demandé par les entreprises. Les offres inclusives restent surtout prisées des grands groupes qui recourent surtout à la garantie de non-paiement et le recouvrement pour des considérations d’ordre comptable.

Toutefois, si le procédé fait mouche auprès des entreprises dans le contexte actuel, il n’en demeure pas moins que son coût soulève parfois des appréhensions de la part des clients. En effet, le taux qui rémunère aujourd’hui la prestation du factor dépasse nettement celui du financement bancaire, et va parfois du simple au double. «Il faut savoir que l’opération d’affacturage ne peut en aucun cas être apparentée au financement bancaire. L’on ne peut pas comparer l’incomparable dans la mesure où le factor supporte des coûts additionnels que la banque n’a pas. Le factor se refinance auprès du secteur bancaire puisqu’il ne peut pas le faire sur le marché monétaire. En plus, il court après l’argent prêté avec toute une logistique à déployer qui engendre plusieurs coûts. Et enfin, il paie un financement de garantie auprès d’un assureur crédit pour se couvrir», précise Mme Tazi.