Extension du Ramed aux MRE : les contours du projet sont encore flous

L’extension du dispositif concerne les Marocains sans couverture médicale résidents dans les pays européens en crise. L’amendement de la loi sur l’AMO est un impératif.

Le Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed) sera étendu aux Marocains résidents à l’étranger. L’annonce en a été faite par le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, mercredi 15 mai, lors de la séance mensuelle de politique générale à la Chambre des conseillers. Ce projet d’extension s’inscrit dans le cadre du plan de soutien aux MRE, et en particulier ceux résidant dans les pays européens en crise, qui ne bénéficient pas de couverture médicale. Le gouvernement prévoit, pour le financement de l’extension, la création d’un Fonds national de solidarité et de prévoyance sociale au profit des MRE sans assurance maladie.

L’annonce est donc claire, mais rien ne filtre sur les esquisses du projet. Contactés par La Vie éco, les conseillers du chef du gouvernement s’en tiennent au discours de M. Benkirane au Parlement. De son côté, le ministère de la santé, chargé du financement du Ramed, dit n’avoir «aucun détail sur ce sujet». Un flou qui impose plusieurs interrogations. Comment se fera l’extension ? Quid du recensement des bénéficiaires de cette extension ? Lequel du pays d’origine ou d’accueil assurera les prestations de soins ?

Une étude de faisabilité confiée à l’Agence de l’assurance maladie

Des sources proches du dossier indiquent que l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) a bien été sollicitée par le ministre de la santé pour réaliser une étude de faisabilité de l’extension. Un travail qui apportera peut-être des éléments de réponse aux diverses questions posées, mais, en attendant, il importe de souligner que du point de vue légal, l’extension n’a pas de fondement juridique. En effet, la loi 65-00 réglementant l’AMO ne prévoit pas du tout la couverture des MRE. Deux catégories sont concernées : les populations démunies qui s’élèvent à 8,5 millions de personnes et 160 000 autres personnes dont les détenus, les sans-abris et les orphelins. Accessoirement, peuvent profiter du Ramed, les victimes de certaines catastrophes comme par exemple les victimes de l’affaire des huiles frelatées qui a eu lieu il y a plus d’un demi-siècle. Ce qui suppose que l’extension aux MRE imposera une modification de la loi.

Techniquement, la couverture des MRE nécessite au préalable un recensement. Possible, selon une source proche du dossier. Les MRE disposant d’une résidence au Maroc peuvent faire les mêmes démarches qu’une personne démunie résidant au Maroc. C’est-à-dire remplir un dossier pour l’obtention d’une carte d’immatriculation.