Exportations vers l’Union européenne : traçabilité obligatoire dès janvier 2005

Des actions de sensibilisation sont menées en direction des industriels.

Ayant eu jusqu’à présent un caractère volontaire, donc dépendant d’un accord passé entre le fournisseur et son client, la traçabilité des produits alimentaires sera obligatoire à partir de janvier 2005. C’est une exigence réglementaire que l’Union européenne impose à toutes les entreprises productrices de produits alimentaires, exportant vers ses marchés.
Concrètement, il s’agit pour les entreprises opérant dans le secteur de retracer le cheminement d’une denrée alimentaire, à travers toutes les étapes, de la production jusqu’à la distribution. Selon la Fédération des industries des conserves des produits agricoles du Maroc (FICOPAM), «c’est la grande distribution européenne qui a, au cours des dernières années, fait adopter à ses fournisseurs ces contraintes». Ce qui signifie que toute entreprise de transformation ou d’exportation implantée en Europe ou ailleurs, et qui souhaite vendre ses produits aux consommateurs européens, se doit de fournir aux clients de ces marchés toutes les informations relatives au parcours du produit.

L’EACCE contrôlera la mise en place du dispositif

L’article 18 du règlement 178/2002, entrant en vigueur le 1er janvier 2005, stipule que : «la traçabilité des denrées alimentaires et de toute autre substance ou denrée destinée à être incorporée dans ces denrées alimentaires est établie à toutes les étapes de la production, transformation et de la distribution. Les exploitants du secteur alimentaire doivent être en mesure d’identifier toute personne leur ayant fourni une denrée ou une substance destinée à y être incorporée».
Plusieurs associations professionnelles indiquent que leurs membres prennent les mesures nécessaires, notamment en matière d’étiquetage et ou d’identification (date, numéros de lots …) et de formation. «La traçabilité est facile et peut être maîtrisée lorsque l’opérateur fait ses achats directement. Mais dans certains secteurs où interviennent des intermédiaires, la tâche est plus difficile. C’est notamment le cas des conserveries de poisson qui s’approvisionnent auprès des pêcheurs artisanaux, qui fournissent des produits de première qualité», explique-t-on.
Au niveau de l’administration, l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE) mobilisera, dans toutes ses antennes à travers le pays, les moyens humains et matériels nécessaires pour contrôler la mise en place du dispositif minimal exigé. Le dossier sera également suivi par le service de la répression des fraudes du ministère de l’Agriculture