Exportations textiles : le Maroc résiste mieux que ses concurrents

Ses exportations ont baissé de 1,3% seulement, soit autant que le recul des importations européennes. Le reste de l’année sera meilleur, les commandes ont recommencé à  tomber.

Onle sentait depuis le début de l’année 2008 et la tendance s’est confirmée à l’issue du premier trimestre 2008. Les exportations de produits textiles ont été affectées par le marasme sévissant en Europe, premier débouché pour les produits marocains, notamment la France et l’Espagne (voir encadré).

Réflexe naturel, l’habillement a été le premier poste budgétaire à être sacrifié par les consommateurs européens, obligés, en raison de la baisse de leur pouvoir d’achat, d’affecter plus de ressources aux postes alimentation et transport. Les importations européennes de textile et d’habillement le reflètent clairement puisqu’elles enregistrent, d’après les chiffres d’Eurostat (institut européen de statistiques), arrêtés à fin juillet 2008, une régression de 1,3% par rapport à la même période de l’année 2007, à 27,3 milliards d’euros (environ 306 milliards de DH). Et c’est une baisse du même ordre qu’ont enregistrée les exportations marocaines sur le même marché durant le premier semestre 2008. Au total, celles-ci se montent à 19 milliards de DH, selon l’Office des changes.

«Il faut noter que le Maroc a quand même tiré son épingle du jeu, en dépit de l’atonie qui frappe les pays européens, puisque nos exportations ont connu la plus faible régression de tout le pourtour Méditerranéen», se console-t-on à l’Association marocaine de l’industrie du textile et de l’habillement (Amith). En effet, pendant la même période, les importations textiles du marché européen en provenance de Tunisie ont reculé de 4% et celles de Turquie de 10%.

On notera cependant l’exception de l’Egypte, où la croissance entamée en 2006 s’est poursuivie lors du premier semestre 2008 pour se situer à 20%. Selon les professionnels du secteur, l’exemple de l’Egypte n’est pas très significatif puisque le volume de ses exportations sur le marché de l’Union Européenne est moins important que celui des exportations des autres pays de la région, notamment le Maroc.

Le positionnement sur le créneau du fast-fashion s’est avéré payant.
La déprime du marché européen a également touché les pays asiatiques. Si la Chine ou le Sri Lanka ont enregistré une hausse respective de 3,4% et 6,5%, d’importants fournisseurs asiatiques de l’Union Européenne ont accusé le coup. Ainsi, les exportations de l’Indonésie ont reculé de 4,7% et celles de la Thaïlande de 4,6%. Hong Kong et la Malaisie ont été plus rudement touchés, marquant des baisses respectives de 13,8% et 14%.

Poussant plus loin l’analyse du léger recul des exportations marocaines sur le marché européen, les industriels réaffirment qu’«il n’est pas significatif, sachant que la baisse a surtout été enregistrée sur des marchés comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, pays où la crise de la consommation a été plus prononcée. Par contre, sur les autres marchés comme la France, l’Espagne et l’Italie, les exportations se sont maintenues».

Ils ajoutent que si les exportations marocaines sont stables sur ces destinations, c’est grâce à la stratégie adoptée par le secteur et qui est essentiellement tournée vers le fast-fashion, sur lequel les entreprises du secteur se sont aujourd’hui positionnées et qui répond parfaitement aux exigences des clients européens.

Les industriels marocains sont plutôt sereins. Ils affirment avoir une visibilité jusqu’en novembre 2008.
En d’autres termes, les commandes ont recommencé à tomber. La demande porte essentiellement sur l’actualisation des collections, le réassort et les collections de l’été 2009. «Août a été calme, mais septembre a plutôt bien démarré. Ce qui nous rassure pour le reste de l’exercice 2008», déclare un exportateur du secteur.

Il ne manque pas de préciser que «même pour les unités de la région de Rabat-Salé travaillant exclusivement avec la Grande-Bretagne, il y a eu un redressement et elles pourraient terminer l’année sur une note positive». Croisons les doigts.