Exportations de chaussures : baisse de 9%

Même cette branche est gênée par la concurrence chinoise.

La chaussure marocaine serait-elle dans une mauvaise passe ? Pour janvier 2005, les exportations ont fléchi de 9 % par rapport à la même période de l’année dernière, à 140 MDH. Selon la Fedic (Fédération des industries du cuir), la baisse des exportations pour le premier mois de l’année est due essentiellement «à la levée des quotas dans les pays asiatiques car nos clients traditionnels se sont détournés du Maroc». Il est expliqué que «la tendance baissière concerne tout le secteur mais c’est surtout la chaussure, la locomotive de notre industrie, avec près de 70 % des exportations du cuir, qui est la plus éprouvée».

Les chausseurs ciblent le marché américain et se positionnent sur le haut et moyen de gamme
Même s’ils s’attendent à la poursuite de cette tendance au cours des deux ou trois prochains mois, les chausseurs tiennent à préciser qu’ils ne craignent pas la concurrence chinoise. Explication : l’empire du Milieu propose des articles synthétiques alors que les chausseurs marocains peuvent se positionner sur les créneaux moyen et haut de gamme. Cette stratégie a été retenue, d’ailleurs, dans le plan d’action 2004-2006 mis en place par la Fedic. Ce plan prévoit d’agir sur le volet industriel (notamment la mise à niveau des entreprises et le développement d’une offre à forte valeur ajoutée) et aussi sur le volet commercial en consolidant le positionnement sur les marchés traditionnels, tout en procédant à la conquête de nouveaux débouchés.
Le marché américain est érigé en priorité et l’accord de libre-échange conclu avec ce pays constitue une opportunité. Notons que certaines entreprises du secteur y ont déjà exporté, mais ces opérations étaient limitées. Aujourd’hui, il est souhaitable de développer des transactions triangulaires avec les producteurs européens afin d’accéder plus aisément à ce marché.
Concernant l’offre, les industriels prévoient la production de produits spécifiques, notamment des chaussures de sport, des chaussures haut de gamme ou encore des articles de mode comme la babouche qui est aujourd’hui, dit-on dans le milieu, très demandée. Pour rappel, il y a quelques années, le groupe Au Derby avait exporté des chaussures de golf aux Etats-Unis. Outre les chausseurs, les maroquiniers comptent proposer des articles de sellerie, par exemple.
Il ne fait aucun doute que l’industrie du cuir entend mettre les bouchées doubles pour se positionner sur de nouveaux marchés. Cependant, les opérateurs estiment que la compétitivité passe par des incitations de la part des pouvoirs publics. Des moyens de financement à la portée des PME, qui constituent la majorité des entreprises du secteur, la simplification des régimes en douane et des réformes tarifaires sont les principales mesures attendues.