Exportations de cà¢pres : Maroc Taswiq soumet son plan d’action aux industriels

La réorganisation du circuit d’approvisionnement et l’accompagnement des exportateurs sur les marchés étrangers sont les deux volets du plan. Maroc Taswiq et les industriels pourraient signer une convention dans les prochains jours.

La promotion de la câpre marocaine est au cœur d’un partenariat entre Maroc Taswiq et la Fédération des industries de la conserve des produits agricoles du Maroc (Ficopam). En effet, c’est mercredi 22 janvier que les parties se sont réunies pour examiner le plan de promotion à l’international de la câpre. Ce plan d’action fera l’objet d’une convention entre les industriels et Maroc Taswiq qui devrait être scellée dans les prochains jours. Le but est principalement d’assurer l’approvisionnement des industriels et l’accompagnement des conserveurs à l’international.

Sur le premier volet, Najib Mikou, directeur général de Maroc Taswiq, explique que «l’objectif est de sécuriser l’approvisionnement des conserveries afin d’organiser et de réduire le circuit qui est marqué par l’intervention de plusieurs intermédiaires, ce qui fait qu’au bout du compte les câpres arrivent chez les industriels en très mauvaise qualité et à un prix cher alors que le prix d’achat auprès des producteurs est très bas». En vue de fluidifier le circuit, Maroc Taswiq s’érigera en agrégateur de plusieurs producteurs dans les diverses zones de production. Ainsi, il s’occupera de la collecte dans les divers centres et de l’approvisionnement des industriels qui recevront une matière première de qualité. Pour l’Association des producteurs et exportateurs de câpres, la réorganisation du circuit d’approvisionnement est effectivement une priorité. «C’est une des mesures urgentes à mettre en place car les professionnels ne maîtrisent pas l’approvisionnement, sachant qu’il y a beaucoup de pertes (40 à 45% de déchets) pour les transformateurs en raison des conditions de transport et de cueillette», explique Driss Guessous, président de l’association.

Et d’ajouter que «le secteur a grand besoin de revalorisation des câpres, notamment en renforçant le conditionnement car la commercialisation se fait surtout en vrac». La maîtrise de l’approvisionnement se traduira, selon Maroc Taswiq, par un doublement des exportations marocaines de câpres sur les trois prochaines années. «Cela est tout à fait possible puisque le modèle espagnol, mis en place il y a une quinzaine d’années et dont nous nous sommes inspirés, a permis de multiplier par cinq les exportations de la câpre espagnole», indique M. Mikou qui ne manque pas de souligner que «la réorganisation du circuit d’approvisionnement et l’augmentation des exportations ne coûtera rien aux industriels puisqu’il n’y a pas d’investissements à faire. En revanche, elle impliquera une importante création d’emplois en raison de la hausse de la capacité de production».

Un chiffre d’affaires de 388 MDH réalisé à l’export en 2012

Le deuxième volet du plan, l’accompagnement, vise à «atténuer la concurrence maroco-marocaine sur les marchés étrangers due à l’absence de coordination et de concertation. Cette concurrence profite aux marchés étrangers au détriment du Maroc», explique Najib Mikou. Concrètement, il est prévu une coordination des actions entre les opérateurs nationaux qui pourraient envisager des exportations communes pour répondre à des grosses commandes provenant des Etats-Unis, des Pays-Bas ou encore de la Grande-Bretagne. Ces opérations communes seraient traitées par Maroc Taswiq qui garantit ainsi des exportations de qualité égale, dans le même conditionnement et surtout au même prix.

Le plan comprend par ailleurs une campagne commune (Maroc Taswiq et Maroc Export) pour la promotion de la câpre marocaine à l’étranger. Même s’il est de loin le premier producteur et exportateur mondial de ce produit devant la Turquie, l’Ouzbekistan et la Syrie, le Maroc en a bien besoin pour renforcer sa notoriété sur cette niche. Sa production moyenne varie de 14 000 à 20 000 tonnes. Elle a été cependant excellente durant la campagne 2011/2012 : 31700 tonnes ont été cueillies, en hausse de plus de 50% par rapport à la précédente. Les deux principales zones de production sont Safi avec 70% de la production nationale et Fès qui a pendant longtemps assuré 50% de la production avant de baisser de régime. La quasi-totalité de la production est exportée. Le chiffre d’affaires réalisé à l’étranger s’est élevé à 388 MDH en 2012, en hausse de 22% par rapport à l’année d’avant. Les câpres sont principalement destinées aux pays de l’Union européenne qui absorbent 70% des exportations marocaines, aux Etats-Unis, à l’Amérique du Sud, en particulier au Vénezuela, à l’Espagne et l’Italie qui a été, rappelons-le, le premier pays à se lancer dans la production de câpres.

Quant à la consommation locale, elle est estimée à seulement 2% par les professionnels. «Ceci est dû au fait que la câpre est un produit de seconde nécessité peu utilisé dans la cuisine marocaine. C’est plutôt un condiment qui sert à relever le goût des plats, d’où sa consommation limitée», souligne M. Guessous.