Exportations d’agrumes : moins que prévu

Demande intérieure et baisse de la production en sont à l’origine
n Amélioration des prix de 5 à 10 %.

Lancée en octobre dernier, la campagne 2003-2004 d’exportation d’agrumes en est aujourd’hui à sa dernière phase : l’expédition des variétés tardives. Selon les prévisions réajustées, les exportations totaliseront 450 000 tonnes, au lieu des 470 000 prévues. Cela est essentiellement justifié par le recul de la production d’agrumes, passée de 1,3 million de tonnes à 1,16 million, d’une année à l’autre, et par la demande locale.
Commencée avec deux semaines d’avance par rapport à l’année dernière, l’exportation de la variété Maroc late devra porter, selon les prévisions des producteurs, sur 170 000 tonnes. A fin mars, les quantités exportées ont atteint 62 000 tonnes contre 29 000 tonnes pour la même période de la campagne 2002-2003. Le démarrage précoce de l’export des variétés tardives s’explique par les conditions climatiques favorables. «Les prévisions de départ seront dépassées de 5 à 10 % car les dernières pluies vont améliorer le calibre et le poids des oranges», explique Ahmed Derrab, directeur de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam). En revanche, pour les autres variétés précoces et demi-saison (navel, nour, salustiana et sanguine), les exportations sont en baisse.

Le marché intérieur a absorbé au moins

700 000 t d’agrumes
Pour la navel, le tonnage exporté est passé de 35 000 à 13 500 t, en raison de la forte demande intérieure. Corrélativement, le prix sur le marché local a grimpé de 10 %, ce qui a encouragé les producteurs à y écouler une grande partie de leur production. Selon l’Aspam, le choix des producteurs est compréhensible car «étant tous en difficulté financière, il est plus intéressant de vendre sur le marché marocain qui procure des rentrées immédiates de liquidités plutôt que de se risquer sur les marchés d’export». Au total, le marché local a absorbé 700000 tonnes d’agrumes au cours de cette campagne.
La variété nour a également vu ses exportations passer de 47 000 à 37 000 t d’une campagne à l’autre. Ce recul s’explique par la baisse de la production due, à son tour, à l’alternance végétative. Pour la salustiana les exportations sont passées de 31 000 à 24 000 t. Même tendance pour la sanguine dont le volume exporté a atteint 23 000 t contre 33 000 en 2002-2003.
Pour les agrumes précoces, seule la clémentine a tiré son épingle du jeu. Ses exportations sont passées de 139 000 à 143 000 tonnes.
Comme chaque année, la répartition par marché révèle que l’essentiel des agrumes marocains est vendu en Union européenne, le reste au Moyen-Orient, en Amérique du Nord et vers les pays de l’Est. Côté prix, les paiements sont pour l’instant partiels (les producteurs ont encaissé les recettes des exportations de clémentines), mais l’Aspam souligne que «pour cette campagne, le prix a connu une amélioration de 5 à 10 %»