Exportations d’agrumes : les prévisions revues à  la baisse pour la seconde fois

Elles devraient porter sur 485 000 tonnes contre 560 000 au début de la campagne. Les aléas climatiques et le démarrage tardif de la campagne sont à  l’origine de la révision. Les pluies abondantes ont permis de réaliser des économies sur le forage des puits destinés à  l’arrosage.

Le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime a revu à la baisse, pour la seconde fois depuis le début de la campagne 2014-2015, les prévisions des exportations d’agrumes. Au lieu de 560000 tonnes, il table maintenant sur 485000 tonnes, toutes variétés confondues, contre 580 000 tonnes réalisées lors de la campagne 2013-2014. Pour expliquer cette révision à la baisse, l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (ASPAM) avance, dans un premier temps, le recul de la production nationale par rapport à l’année antérieure. Celle-ci sera de l’ordre de 1,9 million de tonnes contre 2,2 millions en 2013-2014, en raison des conditions climatiques qu’a connues le pays durant ces derniers mois et qui ont fortement touché les régions à gros potentiel de production d’agrumes, notamment le Gharb, le Souss et le Haouz. Le repli découlerait, en second lieu, du retard de quatre semaines enregistré sur le calendrier de la campagne.

Le démarrage tardif s’explique par la mise en place d’un nouveau système de gestion de l’export adopté par l’ASPAM suite aux performances de la dernière campagne. «Nous avons créé un organe de régulation du marché qui a organisé les exportations dans un double objectif : éviter, contrairement à la campagne 2013-2014, un sur-approvisionnement des marchés et optimiser le prix de vente», explique Ahmed Derrab, directeur de l’ASPAM. Outre l’organisation des expéditions, le démarrage de l’exportation a été différé afin de garantir une meilleure qualité des fruits: «L’an dernier, la cueillette s’est faite dans la précipitation, ce qui a nui à la qualité des agrumes alors que pour cette campagne nous avons procédé à un contrôle et un suivi de la qualité en termes de coloration, de teneur en jus et de gustativité afin de répondre au standard de qualité désiré par nos clients», précise M. Derrab.

La Russie absorbe 50% des exportations d’agrumes

Si le retard des exportations a négativement impacté le volume expédié, il a, en revanche, permis aux exportateurs de renforcer leur positionnement sur certains marchés, notamment le marché russe. Pour les professionnels qui viennent de boucler la campagne de la clémentine, même si les statistiques ne sont pas encore finalisées, la nouvelle organisation mise en place a donné ses fruits. «Nous avons gagné sur les prix et nous avons amélioré nos parts sur certains marchés européens hors UE», explique le directeur de l’ASPAM. M. Derrab précise par ailleurs que le marché russe a absorbé plus de 50% du tonnage de clémentine exporté, l’Amérique du Nord (USA et Canada) 25%, l’UE 20%. Les autres pays, arabes et du Golfe, se partagent les 5%. La profession s’apprête actuellement à lancer l’exportation des petits agrumes. En attendant la fin de la campagne en juin prochain et donc les performances définitives, les professionnels avancent que, pour l’heure, la campagne est mi-figue mi-raisin.

Les prévisions sont arrêtées mais leur réalisation n’est pas certaine dans la mesure où nous exportons des produits périssables et que l’on est tributaire des aléas climatiques. L’ASPAM souligne à ce propos que les pluies tombées durant les mois de novembre et décembre ont perturbé les exportations (retard de la cueillette car les vergers étaient impraticables, les travaux d’entretien impossibles) mais qu’elles ont aussi amélioré les disponibilités hydriques des barrages et relevé le niveau de la nappe phréatique. En fin de compte, elles ont été bénéfiques pour les arbres car 75% des superficies plantées sont irriguées par les barrages et 25 à 30% par les puits dont le coût du forage se trouve réduit par une accessibilité à la nappe phréatique plus facile. Selon les professionnels, les économies réalisées ont permis de compenser les pertes de 10 à 15% enregistrées sur les récoltes.