Exploiter l’énergie des vagues, nouvelle frontière de l’agence des énergies renouvelables

Son nouveau rôle : identifier le potentiel marocain, proposer aux hautes instances, faire le suivi, sensibiliser.. Les chauffe-eau labellisés « ADEREE » sont sur le marché. Pour augmenter ses revenus, l’agence envisage de produire elle-même de l’électricité.

Publiée au Bulletin officiel du 18 mars 2010, la loi 16-09 a transformé le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), créé en 1982, en Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE). Depuis, l’ADEREE s’est dotée d’un nouvel organigramme, de compétences et d’un nouveau programme d’action. Suite à l’élaboration au plus haut niveau de l’Etat d’une stratégie volontariste en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique, l’ADEREE se veut être aujourd’hui un véritable accompagnateur de cette stratégie. Pour Saïd Mouline, son DG, «la transformation du CDER en agence est intervenue dans une logique qui reprend la nouvelle stratégie du pays. Nous sommes en amont des grands projets en la matière, à l’image des 2 000 MW prévus par le plan solaire marocain et les 2 000 autres compris dans le plan éolien. Nous disposons aujourd’hui d’objectifs chiffrés et de nouvelles lois qui confèrent à la problématique des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique une dimension bien plus importante». Le nouveau rôle de l’agence : identifier le potentiel marocain, proposer aux hautes instances des solutions, faire le suivi, sensibiliser, rechercher les financements et former les futurs cadres concernés par ces enjeux. Et, bien sûr, assurer une veille sur les technologies en la matière. «Après avoir identifié les ressources en vent et en soleil, nous travaillons aujourd’hui à évaluer les ressources marines. Le Maroc dispose de 3 500 km de côtes qu’il conviendrait d’exploiter via l’énergie marine, comme par exemple l’énergie marémotrice qui utilise les marées ou l’énergie hydrolienne due aux courants marins» , explique M. Mouline. De la même façon, l’ADEREE a identifié le potentiel en biomasse de la région Souss-Massa-Draa. Cette étude permettra par la suite de développer des moyens de récupération énergétique de la biomasse produite par exemple par l’agriculture.

Bientôt une aide pour encourager l’équipement en chauffe-eau solaires

Après avoir contribué à la réalisation du Programme d’électrification rurale global (PERG) et à l’installation de 300 MW de parcs éoliens, l’ADEREE se prépare aujourd’hui à l’annonce prochaine d’un accompagnement aux particuliers souhaitant s’équiper en chauffe-eau solaires. En partenariat avec le ministère de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, cet accompagnement financier pour l’investissement de départ (compter environ 8 000 DH pour un chauffe-eau solaire) consistera à la fois en une subvention et en un crédit à taux préférentiel. Le détail sera dévoilé très prochainement. Un travail important a d’ores et déjà été réalisé sur la labellisation de ces chauffe-eau solaires au Maroc. Aujourd’hui, on peut très bien acquérir un chauffe-eau labellisé «ADEREE». Cette dernière planche actuellement sur la reconnaissance de son centre d’homologation par des partenaires internationaux, comme l’organisme de contrôle et de normalisation allemand, le TUV. Autre chantier qui aboutira très prochainement : le projet de loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique. Ce dernier, adopté par la Chambre des conseillers le 21 septembre, prévoit, entre autres, l’obligation pour les industriels les plus énergivores d’effectuer un audit énergétique chaque année. Le décret d’application fixera le seuil de consommation.