Excellent Ramadan pour les ventes d’électroménager

On craignait une baisse des ventes en raison de la coïncidence du mois sacré
avec la rentrée scolaire.
Par rapport au Ramadan précédent, les ventes de gros électroménager ont augmenté
de 33% et celles de petit électroménager de 18%.
Tombolas, baisse des prix, crédit gratuit et paiement différé : l’artillerie
lourde a été ressortie pour aguicher le chaland.

«On pensait que ce serait une période difficile parce que les gens n’auraient pas le temps de recharger leur fusil pour faire de nouveaux achats». Mourad Alem, DG de Whirlpool Maroc, n’en revient pas. Ramadan 2007 a démenti toutes les prévisions. Aussi bien celles, intuitives, des vendeurs, celles chiffrées des directions commerciales que les pronostics du cabinet d’études de marché GFK, qui prédisait une année en recul par rapport à  la précédente. Logiquement, cette période, cruciale pour les ventes de matériels électroménagers, coà¯ncidant cette année avec la préparation de la rentrée scolaire, aurait dû marquer un recul des ventes. Ce Ramadan aura donc été un excellent cru pour les ventes. «L’accroissement des ventes a été enregistré sur tous les produits. Même les congélateurs se sont mieux vendus que lors du précédent Aà¯d El Kébir, période pourtant traditionnellement propice», se réjouit Brigitte Lopez, responsable magasin au Comptoir de l’Electroménager.

Le changement de mode de vie pousse les ménages à  s’équiper
Selon les professionnels, en moyenne, le chiffre d’affaires du petit électroménager (four à  micro-ondes, mixeur, machine à  café…) a progressé de 18 % d’un Ramadan à  l’autre et celui du gros électroménager de 33 %, soit presque deux fois plus que la croissance annuelle moyenne du marché. Cette forte hausse s’explique par deux facteurs principaux. Le premier est que, craignant que les ménages privilégient le financement de la rentrée scolaire au détriment de l’acquisition d’équipements domestiques, les constructeurs ou représentants exclusifs ont accepté de faire des réductions que les distributeurs ont directement répercutées sur les prix.

Les prix des congélateurs ont baissé de 35 % entre 2004 et 2006
Le second facteur réside dans la campagne de promotion soutenue initiée durant le mois sacré. Tombolas, crédits gratuits avec un différé de plusieurs mois, divers cadeaux en fonction du matériel acquis…, tous les moyens sont bons pour booster les ventes.

Il y a aussi le hasard du calendrier lunaire. On sait que, outre Ramadan, les ventes d’électroménager sont très importantes à  l’approche de l’Aà¯d El Kébir. Comme il y a eu deux Aà¯d El Kébir en 2006, l’achat de certains produits blancs, congélateurs et réfrigérateurs notamment, a été décalé. Résultat : ces produits se sont mieux vendus que lors du Ramadan précédent.

D’autres paramètres non moins importants et de nature durable sont à  prendre en considération. L’électroménager est devenu beaucoup plus abordable grâce à  la baisse des prix consécutive au démantèlement douanier. En effet, le prix moyen des réfrigérateurs a fléchi de 18 % entre 2004 et 2006, à  4 700 DH. Les congélateurs sont proposés 35 % moins cher. Le prix des lave-linge a reculé de 38 %, à  2 800 DH en moyenne, tandis que les gazinières se négocient à  4 000 DH, soit une baisse de 23,5%.

Cette évolution des prix a toute son importance dans une société en profonde mutation. L’urbanisation, l’électrification et le travail des femmes ont en effet d’énormes répercussions sur le mode de vie des Marocains. Les consommateurs veulent se libérer des corvées ménagères pour avoir plus de temps libre (d’o๠l’achat de machine à  laver ou de lave-vaisselle) et conservent les aliments sur des périodes plus longues (achat de réfrigérateurs et de congélateurs). Concrètement, même les ménages les moins aisés achètent de l’électroménager, un acte considéré comme un investissement. Cela signifie que si les produits d’entrée de gamme sont encore plus prisés (le prix reste un facteur déterminant dans le processus d’achat), les plus élaborés trouvent aussi preneurs plus facilement, eu égard aux facilités de financement offertes par le crédit à  la consommation.

En toute logique, pour cette deuxième gamme de produits, dont les ventes ont porté sur 460 000 unités pour un chiffre d’affaires de 1,7 milliard de DH en 2006, l’exercice sera clôturé sur une très bonne note, comme ce sera d’ailleurs le cas pour toutes les autres gammes.