Evolution correcte des recettes fiscales, malgré un contexte défavorable

Les recettes fiscales ont augmenté de 4,1% et les dépenses ordinaires ont baissé de 2,4%. Le solde ordinaire ressort excédentaire de plus de 12 milliards de DH. Les charges de compensation se sont repliées de 41,6%.

Malgré un contexte des plus moroses, avec le plus faible taux de croissance jamais réalisé depuis 2000, les recettes fiscales en 2016 ont enregistré une progression de 4,1%, à 189,6 milliards de DH (hors TVA des collectivités locales), selon les statistiques de la Trésorerie générale du Royaume à fin décembre. Ce résultat s’explique principalement par une hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés de 5,2%, à 43,24 milliards de DH, de l’impôt sur le revenu de 5,4%, à 38,7 milliards de DH, de la TVA avec une augmentation de 1,5%, à plus de 53 milliards de DH, tirée par la TVA à l’importation qui a crû de 4,6%, à 33,5 milliards de DH, et de la taxe intérieure de consommation en progression de 3%, à 26,13 milliards de DH.

Les recettes non fiscales, en revanche, ont baissé de 0,4%, à 21,7 milliards de DH, selon la TGR. Et cette baisse a concerné pratiquement l’ensemble des composantes de ce type de recettes. Résultat, les recettes ordinaires ont enregistré une croissance de 3,5%, à 214,7 milliards de DH. Côté dépenses, celles-ci se sont repliées de 2,4%, à 202,37 milliards de DH, sous l’effet d’une forte baisse des charges de compensation (-41,6%, à 12,23 milliards de DH) et d’une légère atténuation des dépenses relatives aux intérêts de la dette (-0,3%, à 26,74 milliards de DH). Les dépenses des biens et services, par contre, ont augmenté de 2,4%, à 163,4 milliards de DH. Parmi ces dépenses, celles du personnel ont enregistré une petite hausse de 1,3%, à 104,32 milliards de DH, soit un peu moins que ce qui était prévu dans la Loi de finances 2016 (106,8 milliards de DH).

Cette évolution des recettes et des dépenses ordinaires s’est traduite par un excédent de même nature d’un montant de 12,33 milliards de DH, au lieu de 126 millions de DH en 2015. Mais en tenant compte des investissements en hausse de 17,7%, à 65,5 milliards de DH, le solde global ressort déficitaire de 41,6 milliards de DH, contre 44,64 milliards de DH en 2015. Ce déficit, indique la TGR, a été comblé en quasi-totalité par un financement intérieur.

En se basant sur les chiffres du HCP (une hausse du PIB de 1,1% et du niveau général des prix de 2,1%), qui restent encore des estimations en attendant la publication des comptes nationaux, le déficit budgétaire se situerait à 4,1% du PIB, selon les calculs de La Vie éco. Le ministre de l’économie et des finances, lui, a estimé ce déficit à 3,9% du PIB lors de sa conférence de presse du 27 janvier dernier.