Evolution contrastée du commerce des biens et des flux financiers à fin février

Les importations de biens ont fortement augmenté, tirées par les biens d’équipement et les produits énergétiques, entre autres. Les recettes des MRE et du tourisme enregistrent des hausses à deux chiffres, atténuant ainsi le déficit de la balance des biens.

Les échanges extérieurs du Maroc sur les deux premiers mois de 2018, suivant les données préliminaires publiées par l’Office des changes, ont évolué d’une façon que l’on peut qualifier de divergente. D’une part, la balance des biens a vu son déficit se creuser assez significativement (de 19,2%), engendrant une baisse du taux de couverture, et, d’autre part, des flux financiers relativement plus robustes, en particulier les recettes des MRE et celles de voyages.

Il faudra cependant attendre la publication, à la fin du mois, des statistiques sur les échanges de services, pour avoir une idée plus ou moins précise sur le solde de la balance commerciale.
En attendant, les chiffres disponibles sur les échanges de biens montrent que les importations ont assez largement surclassé les exportations. Les premières ont progressé de 12,5% à 74,93 milliards de DH, les secondes de 8% à 42,74 milliards de DH. Il en résulte un déficit de 32,3 milliards de DH, en aggravation de 19,2% par rapport aux deux premiers mois de 2017.

L’automobile a généré près de 11 milliards de DH à l’export

A l’origine du fort accroissement des importations de biens, il y a les achats de biens d’équipements (+13,9% à 19,6 milliards de DH), de produits énergétiques (+19,9% à 12, 34 milliards de DH), des produits finis de consommation (+5,1% à 15,5 milliards de DH), des produits alimentaires (+26,7% à près de 8 milliards de DH).

En fait, tous les groupes de produits à l’importation ont évolué à la hausse. C’est un peu le cas aussi des exportations, dont tous les secteurs et segments ont enregistré des résultats positifs. Mais ce qui fait la différence à la fin, c’est, d’une part, le rythme de progression, et, d’autre part, l’effet de base. Exemple : l’aéronautique a enregistré une hausse de 15% de ses expéditions, mais cela ne fait que 244 MDH, ce qui porte la recette à 1,87 milliard de DH. Par contre, avec un même niveau de variation (+15,5%), l’automobile a généré une recette de près de 11 milliards de DH. L’agriculture et agroalimentaire a également augmenté mais à un rythme moins soutenu : +2,5% à 10,65 milliards de DH. Grâce à la bonne tenue des recettes MRE (+19% à 10,5 milliards de DH), celles du tourisme (+38,3% à 7,2 milliards comme solde la balance voyages), et, dans une moindre mesure, le flux net des IDE (-10,8% à 2,8 milliards de DH), les flux financiers couvrent 63,6% du déficit de la balance des biens.