Euler Hermès Acmar décortique les perspectives de l’économie marocaine en 2020

Les intervenants de tout bord lors de cette édition ont mis en garde contre les méfaits de l’allongement sans précédent des délais de paiement dans plusieurs secteurs.

Pour la 7e année consécutive, Euler Hermès Acmar a organisé l’Observatoire international du commerce, en partenariat avec la Société Générale Maroc, Allianz Maroc et la collaboration de partenaires institutionnels de choix tels que la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Chambre française du commerce et de l’industrie au Maroc (Cfcim), l’Asmex, l’AMIP et le spécialiste du renseignement commercial Inforisk. Ce rendez-vous a fédéré les institutionnels et a mobilisé les experts internationaux du groupe Euler Hermès pour proposer aux opérateurs marocains un décryptage des perspectives de l’économie mondiale pour l’année 2020. L’objectif était de les aider à mieux appréhender la conjoncture dans laquelle ils évoluent.

Organisée en deux temps, cette conférence a livré en première partie une séance d’analyses et d’échanges sur les perspectives économiques internationales 2020. Ces analyses ont permis aux opérateurs d’identifier de nouvelles opportunités de développement. Alexis Garatti, directeur de la recherche macro-économique Euler Hermès, a donné son évaluation de la conjoncture.

En seconde partie, un panel d’experts nationaux et internationaux a débattu de la question : «Quel modèle d’accélération économique pour le Maroc à l’horizon 2020-2030».

Selon les experts d’Euler Hermès, l’information est une variable stratégique pour tous les acteurs de l’économie qui ont à prendre des décisions en matière d’exportation et d’investissement. L’Observatoire international du commerce s’est inscrit au fil des éditions comme un événement incontournable du monde des affaires, l’édition 2018 ayant d’ailleurs rassemblé plus de 500 participants. «L’Observatoire du commerce international a pour vocation de restituer au marché l’expertise Euler Hermès qui accompagne, depuis plus de 100 ans et sur les 5 continents, les décideurs dans la détection de nouvelles opportunités et la gestion de leurs risques au quotidien», estiment les analystes d’Euler Hermès. C’est ainsi que les équipes d’économistes du groupe, avec à leur tête Stéphane Colliac, ont livré leurs prévisions pour l’économie marocaine. D’après Taoufik Benzakour, DG de la filiale marocaine du leader mondial de l’assurance-crédit, le Maroc ne devrait s’attendre qu’à une croissance de 2% en 2020, contre 2,4% en 2019. Il recommande alors de s’atteler à l’accélération des réformes et des chantiers stratégiques visant à mieux positionner l’économie marocaine.

«Il faut diversifier pour avoir une plus grande capacité à absorber les chocs potentiels dans le futur», précise Euler Hermès Acmar. Les experts rappellent que l’une des faiblesses du modèle économique marocain réside dans la proéminence du secteur agricole, qui expose la performance du tissu économique et donc la croissance aux aléas du climat. «Ce qui met encore plus en évidence la nécessité d’une diversification de l’économie marocaine», insistent les analystes dans leur focus sur les perspectives économiques du Royaume pour l’année 2020.

L’observatoire dans sa 7e édition rappelle aussi que le niveau d’incertitude et la crise de confiance aujourd’hui dans le monde est très élevé en raison notamment du protectionnisme adopté par certaines grandes économies comme les Etats-Unis.

Un autre élément qui expose la croissance au repli est la petite forme des exportations agricoles qui devrait se limiter à 8 milliards de DH sur l’ensemble de l’année 2019, soit près de 4 fois moins qu’en 2018, soulignent les auteurs de l’étude. Pour Euler Hermès Acmar, le Plan Maroc Vert a, certes, dopé la croissance du secteur sur les dernières années. Mais il y a nécessité d’explorer de nouveaux modes de développement du secteur agricole. La chimie (notamment les phosphates) et l’automobile ont constitué les deux principales déceptions en matière d’exportation.

«Le Maroc a subi la perte de momentum de la croissance européenne, les économies de l’UE n’adressant plus la même demande qu’auparavant», estime-t-on auprès de l’assureur-crédit. Sachant que l’économie marocaine reste très arrimée à l’Union européenne qui constitue le premier client sur un bon nombre de produits.

L’assureur crédit rappelle dans son énumération des faiblesses de l’économie en 2020, les difficultés d’accès des entreprises au crédit bancaire, malgré la bonne santé et la solidité des établissements bancaires marocains. «Il faut faciliter l’accès au crédit pour les petites entreprises et même pour les ménages», appellent les auteurs de l’étude et les intervenants du monde des affaires. Toutefois, Euler Hermès voit d’un bon œil la fluctuation du dirham mise en œuvre par Bank Al-Maghrib et estime que cette politique est de nature à rassurer les investisseurs étrangers sur l’ouverture de l’économie marocaine.

Cela dit, les intervenants de tout bord lors de la 7e édition de l’Observatoire du commerce ont mis en garde contre les méfaits de l’allongement sans précédent des délais de paiement dans plusieurs secteurs. «Il doit y avoir une réponse de la part de l’Exécutif pour arrêter le cercle vicieux qui n’aide en rien le développement des affaires», affirme un opérateur.