Un long chemin reste à parcourir

Le Maroc a mis en place un partenariat pour les contributions déterminées au niveau national. Le but est de renforcer les capacités et d’orienter les flux de la finance climat vers les pays les plus vulnérables.

La 1ère journée de la COP22 a été marquée par le passage du flambeau entre Segolène Royal, présidente de la COP21 et Salaheddine Mezouar, président de la COP22.

Cette édition est d’autant plus importante qu’elle engage tout un continent et encore plus, puisqu’elle est organisée dans une terre africaine. «Elle va traduire l’engagement de tout le continent dans le déploiement des efforts pour la préservation du climat, mais aussi sa volonté pour décider de son avenir elle-même», a souligné M.Mezouar. Dans ce sens, le Maroc donne l’exemple à ses voisins africains. En effet, le pays peut se targuer de fixer et de ne pas rechigner sur les moyens pour atteindre l’objectif de 52% des énergies renouvelables en 2030, ou encore du complexe solaire Noor. Il faut dire qu’en Afrique, une large frange de la population vit dans des conditions assez précaires et souffre doublement des effets des changements climatiques. Et l’un des objectifs principaux de cette COP vise justement à alléger les maux de cette catégorie de la population. Rappelons qu’un signal fort pour changer la donne a été donné lors de la COP21 et qui a été concrétisé par la signature de l’accord de Paris, et ratifié onze mois plus tard. «Cet engagement inédit de la société civile et sa volonté politique constitue une grande avancée et nous devons poursuivre cette dynamique dans le but de concrétiser les décisions prises dans l’accord de Paris», insiste M.Mezouar.

Et si Paris a réussi à rassembler et à engager tous les Etats, Marrakech, elle, incite les Etats à travailler ensemble, en vue d’atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés. D’ailleurs, le Maroc, aux côtés de nombreux partenaires, a mis en place un partenariat pour les contributions déterminées au niveau national afin de renforcer les capacités et d’orienter les flux de la finance climat vers les pays les plus vulnérables. Il a également rappelé l’importance de hâter la finance climat, l’innovation, le transfert et le renforcement des capacités pour contribuer à créer l’économie à faible émission de carbone dont la planète a besoin afin de rester sous la limite des 2° C.

C’est dire que ce sommet n’est pas uniquement celui du changement climatique, mais a une autre dimension, incluant le développement économique. D’où l’intérêt de concilier lutte contre changement climatique et croissance d’un pays. M.Mezouar insiste sur la transparence et l’homogénéité : «La présidence marocaine prône alors un discours ouvert et un dialogue transparent qui inclut toutes les parties». Cela est également l’avis de Patricia Espinoza, secrétaire exécutive de la COP22 : «La planète a connu deux siècles de développement économique intense, qui a entraîné un niveau important des émissions de carbone. Il est donc urgent de travailler de concert, rapidement et amplement sur tous les fronts, avec pour pilier central: atteindre l’objectif de développement durable».

Par ailleurs, les ressources financières mobilisées et qui seraient affectées aux pays les plus vulnérables sont certes disponibles, mais insuffisantes. Toujours est-il que ces fonds rassemblés constituent un grand pas pour l’humanité. Cela dit, ces contributions nationales doivent être intégrées dans les politiques nationales de chaque pays, en tenant compte essentiellement du volet de l’adaptation. «En fait, toutes les parties, Nord et Sud, doivent être intégrées dans le processus d’atténuation certes, mais d’adaptation également. Il s’agit en plus clair d’une transformation vers une société à bas carbone, tout en allouant une attention particulière pour l’accompagnement», explique-t-elle. En tout cas, l’accord de Paris est une réussite inégalée, mais le plus long chemin est celui qui reste à parcourir. «Il faut faire des promesses une réalité pour les générations futures», conclut-elle.