La charte marocaine en faveur de la logistique verte signée par 66 entités

L’objectif principal est de promouvoir les pratiques d’une green logistic auprès des opérateurs. A côté, une charte africaine de la RSE et le renforcement des PPP sont également recommandés.

Les principaux acteurs de la logistique ont concrétisé leur engagement  pour la promotion d’une logistique verte au Maroc. En effet, 66 organismes ont signé la charte marocaine en faveur de la logistique verte dans le cadre du lancement officiel de l’initiative Moroccan Green Logistics, entre fédérations et associations professionnelles, institutionnels et gestionnaires d’infrastructures, chargeurs et opérateurs logistiques et acteurs formation, R&D, IT et Consulting, et ce, lors d’un side event organisé conjointement par l’AMDL et la CGEM, le 11 novembre. «La logistique est l’un des rares secteurs qui permettent une convergence assez étroite entre efficacité économique et développement durable», précise Younes Tazi, directeur de l’Agence marocaine de développement logistique (AMDL). Ceci implique des questions de coût, mais aussi de prendre en compte la dimension environnementale. «Il est donc essentiel d’inscrire la logistique verte dans l’agenda de tous les acteurs clés», ajoute-t-il.

Cette charte a pour objectifs principaux d’assurer une mobilisation maximale de la communauté logistique marocaine autour d’une approche volontariste ; de promouvoir les efforts entrepris au niveau national en matière des bonnes pratiques de «Green Logistics» et d’anticiper le positionnement du secteur logistique au Maroc par rapport aux opportunités de coopération et de financement prévisibles. En plus d’adopter une démarche pour le développement d’une logistique verte, les adhérents sont tenus de créer une synergie entre les acteurs de la communauté logistique. En effet, ils s’engagent à développer et exploiter des infrastructures et installations logistiques efficientes; à utiliser des équipements propres  et à adopter des pratiques propres pour la gestion des chaînes logistiques (limitation des emballages, augmentation du taux de recyclage, organisation des circuits de distribution, instauration de dispositifs de mesure de l’empreinte carbone…). La formation et la R&D, à côté de la normalisation et labellisation sont des points clés dans cette charte.

Il faut dire que le Maroc n’a pas attendu la tenue de la COP22 pour prendre cette question des émissions de CO2 au sérieux. D’ailleurs, «la CGEM a été signataire, il y a quelques années, de la stratégie nationale de développement logistique, qui vise, entre autres objectifs, de réduire de 35% les émissions de CO2», a précisé Meriem Bensalah Chekroun, présidente de la CGEM. Plusieurs chantiers ont été entérinés depuis, à savoir l’initiation d’études et la sensibilisation des entreprises sur les avantages de l’externalisation de leur chaîne logistique ; la revue et la rationalisation de l’ingénierie des flux logistiques; le développement des infrastructures vertes (APM est un exemple de taille dans cette démarche). Elle a parallèlement proposé certaines pistes d’amélioration de la logistique en mettant l’accent sur l’optimisation de l’emballage à travers la gestion de l’empaquetage, sur le choix de l’implantation de l’entreprise opérant ou utilisant la logistique et sur le transfert modal vers des solutions autres que la voie routière. Tout cela devrait être accompagné d’une prise de conscience et d’un «verdissement» des esprits.

La RSE élargie à d’autres acteurs de l’économie marocaine

La CGEM, qui travaille d’arrache-pied sur l’aspect environnemental, a mis, par ailleurs, la responsabilité sociale et environnementale au cœur de ses débats. «Sa démarche RSE devrait s’élargir pour concerner l’ensemble des secteurs et acteurs, y compris les sociétés civiles, les organisations civiles et même les territoires», détaille Faiçal Mekouar, vice-président de la CGEM. A cette date, une trentaine d’entités ont été auditionnées, en vue d’obtenir le label RSE. Trois points se dégagent de cette démarche, à savoir la gouvernance qui devrait définir la limite entre les actions obligatoires et volontaires; l’intégration des parties prenantes en promouvant le dialogue et en définissant une cartographie et enfin la définition du périmètre thématique. Au final, les participants ont appelé à mettre en place une charte africaine de RSE, à créer un forum ou un réseau africain de débat autour de ces questions et à renforcer le partenariat public/privé. Ils ont également exhorté les Etats à jouer un rôle plus important en matière d’accompagnement des entreprises.