Énergie renouvelable – Transition énergétique : le Maroc sur la bonne voie

La capacité de production d’électricité à partir de sources renouvelables proche des 3 000 MW. Les investissements se poursuivent pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2020 et 2030.

Malgré la baisse de la facture énergétique de 17,7% en 2016, à 54,51 milliards de dirhams, la dépendance énergétique du Maroc vis-à-vis de l’étranger reste préoccupante (91% de l’énergie consommée provient des importations). Ne disposant d’aucune ressource pétrolière ni de réserves de gaz significatives et exploitables dans l’immédiat, le Royaume s’est orienté naturellement vers les énergies renouvelables. Les enjeux sont de taille : la demande en énergie primaire croît de 6 à 8% par an, les émissions de gaz à effet de serre menacent l’équilibre écologique et les fortes potentialités du pays en matière d’énergies renouvelables rendent son engagement dans cette voie inévitable.

Le développement des énergies renouvelables s’inscrit donc au cœur de la stratégie énergétique nationale lancée par le Ministère de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement. Dans un contexte particulièrement marqué par la volatilité des prix et beaucoup d’incertitudes financières, économiques et géostratégiques, la politique de transition énergétique entamée concilie développement économique et lutte contre le changement climatique. Lancée en 2009, elle vise à garantir la sécurité énergétique du pays, à réduire la consommation d’énergie, à diversifier les sources d’approvisionnement par l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la capacité totale de production d’électricité du pays (hydraulique, éolien, solaire, biomasse et d’autres ressources propres dans le futur). Les objectifs de cette feuille de route sont de porter la part des énergies renouvelables à 42% du mix énergétique du pays à l’horizon 2020 et à 52% à l’horizon 2030, dont 20% à partir du solaire. Une enveloppe globale de pas moins de 40 milliards de dollars sera dédiée au secteur énergétique entre 2016 et 2030, dont une trentaine de milliards pour les projets de production d’électricité de sources renouvelables. Durant cette même période, le Maroc aura à développer une capacité additionnelle de 10 100 MW dont 4 560 MW pour l’énergie solaire, 4 200 MW pour l’énergie éolienne et 1330 MW pour l’énergie hydraulique.

Le Maroc classé 3e en Afrique

Durant les deux dernières décennies, le Maroc a lancé plusieurs plans afin de réduire sa dépendance énergétique. Des pas importants ont été franchis, notamment en termes de législation, d’investissements, d’incitations, de financement, d’intégration industrielle et de renforcement des compétences. En témoigne, entre autres, la loi n°13-09 sur les énergies renouvelables qui vise la promotion de la production d’énergie à partir de sources renouvelables. Ou encore la loi n°58-15 qui institue un régulateur national de l’électricité. Résultat, le Maroc occupe désormais la 3e place en Afrique en termes de capacité de production d’énergies renouvelables avec 2 609 MW en 2015, d’après le dernier classement de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), répartis en 1 770 MW d’origine hydroélectrique, 797 MW à partir de l’éolien, 41 MW provenant du solaire et 1 MW de la bioénergie. La stratégie nationale a été déclinée en des actions concrètes qui reposent sur le développement des énergies renouvelables, le renforcement de l’efficacité énergétique ainsi que l’utilisation à grande échelle du gaz naturel, entre autres. Avec l’inauguration de la centrale solaire Noor I (160 MW), la capacité de production atteint aujourd’hui 2 769 MW.

Notons que le plan solaire marocain a été lancé en 2009. Il regroupe une série de projets autour de l’énergie solaire. Ce plan portera la part de l’énergie solaire dans la capacité électrique totale à 14% à l’horizon 2020 et évitera l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO² par an. La centrale solaire d’Ouarzazate devrait nécessiter un investissement total de 90 milliards de dirhams avec l’achèvement de la construction de Noor II et Noor III en 2020. Le Maroc se hissera alors au premier rang mondial avec une production annuelle de 580 MW capable de fournir de l’électricité à 1,1 million de Marocains. Le plan éolien a également été adopté en 2009 et a pour objectif de sécuriser l’approvisionnement en énergie, d’en assurer l’accès à des prix intéressants, de rationaliser l’utilisation des sources énergétiques tout en veillant au respect de l’environnement. Pour rappel, le projet éolien intégré porté par l’ONEE porte sur une capacité de 850 MW à travers la réalisation de 5 sites qui sont Midelt, Tiskrad entre Laâyoune et Tarfaya, Tanger, Jbel Lahdid près d’Essaouira et enfin Boujdour. Selon le programme initial de l’office, ces cinq sites devraient entrer en service entre 2017 et 2020. Le projet s’étale sur 10 ans pour un investissement total estimé à 31,5 milliards de dirhams.

Enfin, rappelons que le Maroc a adopté depuis l’indépendance une politique hydrique proactive à travers la réalisation d’équipements et de structures ayant permis l’alimentation de la population en eau potable durant les périodes de sécheresse, le développement de l’irrigation à grande échelle, le renforcement de la lutte contre les inondations et la production de l’électricité. La capacité électrique installée est de 1 770 MW dont 460 MW sous forme de STEP. Les investissements dans ce domaine se poursuivent avec l’objectif d’atteindre une part de 12% de la puissance installée totale fournie par l’énergie hydroélectrique à l’horizon 2030.