Énergie renouvelable : Noor, la plus grande centrale solaire du monde

Un carrefour énergétique et des ressources solaires en abondance sont les principaux atouts du Maroc pour le projet marocain de l’énergie solaire.

Face à la demande énergétique croissante et au défi du réchauffement climatique, le Maroc s’est doté d’une stratégie solaire des plus ambitieuses. Énergie presque inépuisable et surtout renouvelable, le Maroc entend bien profiter de ses atouts. Une position géographique des plus privilégiées ne produisant pas moins de 2 600 kWh/m2/an grâce à des ressources solaires abondantes. Une position également stratégique constituant un carrefour énergétique avec sa connexion au réseau électrique espagnol par deux lignes de 400 kV/700 MW. Ce sont autant d’éléments qui appuient la priorité accordée au développement des énergies renouvelables. Il va sans dire que le pays offre d’importantes opportunités d’investissements dans le secteur de l’énergie solaire, essentiellement avec le lancement du projet marocain de l’énergie solaire. Il vise la mise en place d’ici 2020 d’une capacité de production électrique à partir de l’énergie solaire de 2000 MW. Cinq sites sont visés : Ouarzazate, Ain Bni Mathar, Foum Al Oued, Boujdour et Sebkhat Tah. D’ailleurs, cette capacité de production représente 38% de la puissance installée à fin 2008 et 14% de la puissance électrique prévue pour 2020. Deux technologies seront utilisées: Concentrated Solar Power (CSP) et Photovoltaïque. Ce projet prévoit également la formation, l’expertise technique, la recherche développement et la promotion d’une industrie solaire intégrée.

Au milieu du désert marocain et à quelques kilomètres d’Ouarzazate se dresse la future plus grande centrale solaire du monde, Noor. «Ici, la richesse n’est pas sous terre, mais dans le ciel», c’est ainsi que la chaîne France 2 a fait les éloges de la centrale solaire  étendue sur une superficie de 2500 hectares. Faisant l’objet d’un reportage de la chaîne française,  la première centrale du complexe solaire marocain Noor a été désignée comme «la nouvelle fierté du Maroc». Noor 1 est la première phase du complexe solaire dont les travaux ont commencé en mai 2013,  et qui a été inaugurée ces derniers jours. Choisi pour son ensoleillement exceptionnel, soit près de 320 jours, le site est étendu sur une superficie de 480 hectares. La première phase du complexe Noor consiste à développer un projet de production sous forme IPP (Independent Power Producer), portant sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance d’une centrale thermo-solaire d’une puissance de 160 MW. Sur la base de la technologie thermo-solaire (CSP), avec des capteurs cylindro-paraboliques, Noor1 aura une capacité de stockage de 3 heures à pleine puissance et pourra fournir de l’électricité à plus de 600000 personnes.

Lorsque la centrale sera pleinement opérationnelle, elle permettra de faire face à une dépense énergétique en croissance continue et permettra d’économiser 1 million de tonnes équivalent pétrole annuel. Du côté des limitations des émissions des gaz à effet de serre pour préserver l’environnement, il s’agit d’éviter l’émission de 3,7 tonnes de CO2. Elle pourra également assurer une capacité de production annuelle de 4 500 GW estimée à 18% de la production nationale annuelle.  Cette initiative a vu la participation de partenariats public/privé ciblés et plus particulièrement l’Agence marocaine pour l’énergie solaire Masen (Moroccan Agency for Solar Energy) qui s’occupera de sa mise en œuvre.

Suivront les parcs Noor 2 et 3 en 2016 et 2017 tandis que l’appel d’offres pour Noor 4 a été lancé. D’ailleurs, la Banque mondiale a indiqué que le complexe Noor Ouarzazate devrait permettre de réduire les coûts globaux de l’énergie solaire de 3%. Toutefois, entre l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, le champ est bien vaste. Comme l’avait souligné Hakima El-Haite, ministre déléguée auprès du ministre de l’énergie, des mines et de l’environnement, le coût de la dégradation de l’environnement a été estimé autour de 2 à 4% du PIB pour le Maroc. Sans oublier que 800 catastrophes naturelles ont été recensées dans le monde entre 2012 et 2014. Les dégâts se chiffrent en milliards, sans parler des pertes de vies humaines. Et de toutes les régions dans le monde, c’est le continent africain qui est le plus affecté par le réchauffement climatique.