Énergie renouvelable : Entretien Amina Benkhadra, DG de l’ONHYM

Plusieurs travaux ont été lancés en 2016, dont les résultats sont concluants. D’importants gisements productifs en gaz ont été découverts dans le bassin du Gharb et le bassin d’Essaouira. L’office se porte garant du respect de la législation et la réglementation environnementale en vigueur.

Comment s’est portée l’activité de l’ONHYM en 2016 ?

Dans le secteur des hydrocarbures, la conjoncture difficile, liée à la baisse des prix du pétrole de juin 2014 à décembre 2016 a impacté les programmes d’investissement en exploration des compagnies pétrolières au niveau international. Malgré cette situation contraignante, l’ONHYM a redoublé d’efforts pour poursuivre ses travaux par ses propres moyens et pour accompagner ses partenaires. Ainsi, 23 sociétés dont l’ONHYM ont opéré en 2016 dans la recherche des hydrocarbures qui s’est déployée sur une superficie totale de 284 220,59 km² et qui comptait 29 permis en onshore, 64 permis en offshore, 4 autorisations de reconnaissance en onshore (dont une ONHYM), 9 concessions d’exploitation (dont 1 ONHYM) et 2 MOU sur les schistes bitumineux.

Les travaux de recherche sur les différents bassins sédimentaires marocains se sont poursuivis par l’acquisition de 5540 km² de sismique 3D et de 456,75 de sismique 2D ainsi que des études géologiques, géophysiques et géochimiques dans le but d’asseoir le potentiel pétrolier des différentes zones des travaux.

Les autres travaux d’exploration réalisés ont concerné le forage, par l’ONHYM et ses partenaires Sound Energy et OGIF, de 2 puits sur les permis de recherche Tendrara Lakbir, situés dans le bassin des Hauts Plateaux et qui ont abouti à la découverte de gaz dont l’évaluation est en cours.

Sur le plan du partenariat, l’année 2016 a été marquée par la signature de deux nouveaux accords pétroliers et d’un nouveau contrat de reconnaissance, par le dépôt de cinq demandes de passage à la première période complémentaire de permis de recherche, d’une demande de concession d’exploitation et d’une demande de prorogation exceptionnelle de concession d’exploitation.

En ce qui concerne les mines, les travaux ont porté sur 40 objectifs situés dans les zones les plus prometteuses du pays. Les travaux propres de l’ONHYM ont concerné 29 objectifs dont 11 pour les métaux précieux, 8 pour les métaux de base et l’uranium, 2 pour les roches et minéraux industriels, 7 pour la reconnaissance minière et 1 projet spécial (géothermie). Les travaux en partenariat ont, quant à eux, intéressé 11 objectifs dont 4 pour les métaux de base, 4 pour les métaux précieux et 3 pour les roches et minéraux industriels.

En parallèle avec ces travaux, l’ONHYM mène des campagnes d’exploration stratégique sur de grandes superficies, dont le but est de mettre en évidence de nouvelles cibles de recherche et alimenter le portefeuille des projets.

Les travaux de recherche stratégiques, eux, ont concerné 5 projets principaux en plus d’un projet sur la géothermie ; 2 campagnes de géochimie sol et alluvionnaire dans les provinces du Sud et dans le Haut Atlas central, 2 projets intégrés d’exploration minière dans l’Oriental et dans les provinces du Sud, et un projet de synthèse des données hyperspectrales et de ciblage conceptuel.

w Qu’en est-il des investissements de l’ONHYM ? Comment ont-ils évolué ces cinq dernières années?

La majeure partie des investissements en recherche des hydrocarbures est réalisée par les compagnies pétrolières opérant au Maroc. Les investissements propres ONHYM en exploration pour les hydrocarbures durant les 5 dernières années ont atteint 667 MDH et ceux des partenaires ont dépassé les 13,55 milliards de DH. Le montant des investissements réalisés en exploration pétrolière est de 1,17 milliard de DH dont 1,06 milliard est supporté par les partenaires. Les prévisions 2017 tablent sur un investissement total de 1,371 milliard de DH dont 97% seront supportés par les partenaires.

Quant aux investissements dans le domaine des mines, ils s’élèvent à 450 millions pour les cinq dernières années.

Jusqu’à quel point la dimension environnementale est-elle prise en considération dans les missions de l’ONHYM ?

De par sa vocation, l’ONHYM se porte garant du respect de la législation et la réglementation environnementale en vigueur. En effet, tous les partenaires de l’ONHYM dans le cadre des différents projets de recherche et d’exploitation des hydrocarbures au Maroc, tant en onshore qu’en offshore, disposent de procédures QSE respectant les normes et standards internationaux. En outre, la loi n°21-90 sur la recherche et l’exploitation des hydrocarbures exige que toutes les opérations pétrolières soient entreprises dans le respect de l’environnement. Par ailleurs, les partenaires sont tenus de réaliser des études d’impact sur l’environnement avant d’entamer leurs travaux et ce conformément à la réglementation environnementale en vigueur. De plus, la réglementation relative aux hydrocarbures les oblige à contracter des assurances spécifiques. D’autre part, il est très important de souligner que tous les partenaires exécutent leurs travaux dans les normes et les standards de l’industrie pétrolière internationale qui insiste entre autres sur le respect de l’environnement.

De quelle manière l’office participe-t-il à l’atteinte des objectifs de la stratégie énergétique nationale ?

La stratégie énergétique du Maroc a pour objectif la sécurité d’approvisionnement, l’accès à l’énergie pour tous, la préservation de l’environnement et l’intégration régionale. A cet effet, elle est basée sur un mix énergétique ouvert où les énergies renouvelables représenteraient 52% de la capacité électrique installée en 2030.

Le déploiement de ces capacités en énergies renouvelables sera également accompagné par le développement de sources stables, en l’occurrence le gaz naturel. Un projet GNL est en cours d’étude et développement par l’ONEE. Par ses activités, l’ONHYM produit du gaz naturel et alimente quelques clients. Les programmes de recherche en cours pourraient contribuer à fournir davantage de gaz naturel.

Plusieurs accords de coopération ont été conclus avec des pays africains. Comment faites-vous profiter ces pays de votre expertise ?

Dans le cadre de la concrétisation de la politique de coopération Sud-Sud prônée par SM Mohammed VI et basée sur des principes de co-développement et de solidarité, l’ONHYM a signé des protocoles de coopération avec des organismes de plusieurs pays africains (Gabon, Mali, Guinée Conakry, Madagascar, Sénégal, Mauritanie…). L’office s’est engagé pleinement dans des actions de formation de cadres africains et de transfert de savoir-faire dans les domaines de l’exploration et de la production pétrolière et minière, de télédétection, des techniques de laboratoire, de gestion des ressources humaines, de gestion des projets, de négociation des contrats, de l’étude de l’impact sur l’environnement…

Le Maroc recèle un potentiel gazier non négligeable. Pouvez-vous nous évaluer ce potentiel ?

Les efforts investis dans l’exploration pétrolière ont été couronnés par la découverte de gisements productifs en gaz dans le bassin du Gharb et le bassin d’Essaouira. Dans le premier, bien que les gisements soient de petite taille, ils sont économiquement intéressants en raison de l’existence sur place d’un réseau de gazoducs avec plusieurs stations de séparation, ce qui permet de les rentabiliser, et de l’existence, à proximité, de plusieurs industries. La consommation annuelle de ces clients a dépassé 50 millions de m3 de gaz naturel en 2016.

Les gisements de gaz d’Essaouira, dont le plus important est celui de Meskala dispose de réserves potentielles estimées à 6 milliards de Nm3 permettant d’alimenter l’OCP. Par ailleurs, l’ONHYM et ses partenaires, Sound Energy et OGIF, ont réalisé en 2016 le forage de 2 puits dans la zone de Tendrara. Ces deux puits ont découvert du gaz naturel dont l’évaluation est en cours par des tests et des études et analyses complémentaires. L’ONHYM et ces deux partenaires prévoient, en 2017, le forage d’un troisième puits sur cette zone et ensuite acquérir de nouvelles données sismiques pour mieux cerner l’extension et l’importance de cette découverte. Si ce gisement de Tendradra est confirmé, il pourra contribuer à la production nationale de gaz et alimentera de nouveaux utilisateurs.