Énergie renouvelable : Economie d’énergie, les PME s’y mettent aussi !

Plusieurs PME se sont inscrites dernièrement dans une démarche de réduction de la consommation d’énergie. Le coût d’investissement n’est pas forcément conséquent. En face, l’économie à réaliser est importante.

S’inscrire dans une démarche de réduction de la consommation d’énergies fossiles n’est pas la volonté des grandes entreprises uniquement. Même les petites et moyennes structures adoptent de plus en plus des mesures pour optimiser leur consommation et diminuer ainsi leur vulnérabilité face à l’évolution des coûts de l’énergie tout en contribuant à la préservation de l’environnement par la réduction de leurs émissions dans l’air.  Dans bien des cas et contrairement à ce que l’on peut croire, cette démarche ne nécessite pas d’importants investissements. Agir sur un ou plusieurs paramètres peut aider une société à réaliser des économies d’énergie considérables. Elles sont d’ailleurs nombreuses à avoir opté pour un audit énergétique afin d’identifier le plan d’actions à mettre en place.

On peut citer l’exemple de KB Fish, une société spécialisée dans la fabrication de la farine et de l’huile de poisson. Dans le cadre de la mise en place d’un système de management de l’environnement (ISO 14001), un audit énergétique a été réalisé et a concerné la partie «production de la vapeur» avec tout ce que cela a comme rapport avec les chaudières, les circuits de distribution de la vapeur et les circuits annexes. «Cet audit a permis l’identification d’une économie d’énergie de 2 MDH annuellement», précise Smail Aboulam, consultant manager à Sadura (Société d’amélioration continue et de développement durable). Pour bénéficier de cette économie, certaines actions ont été recommandées à l’instar du réglage des chaudières, de l’amélioration de l’isolation des circuits et de la récupération des condensats. L’investissement a été rentabilisé en 9 mois, ce qui renseigne sur le coût bas de l’investissement. La société a en même temps agi sur la dimension environnementale en évitant le rejet d’un peu plus de 2 000 tonnes équivalent CO2 par an. Autre exemple, une entreprise du secteur métallurgique a initié un audit énergétique associé à un bilan des émissions de Gaz à effet de serre (GES). Dans ce cadre, l’entreprise compte agir sur 2 facteurs essentiels afin d’abaisser sa facture énergétique. «En optimisant la puissance électrique souscrite et en améliorant le facteur de puissance, la société en question pourrait économiser un mois de consommation en plein régime et ce, chaque année», explique notre consultant. L’économie d’énergie pourrait augmenter davantage si la société opte pour l’autoproduction de l’énergie électrique à partie du solaire (photovoltaïque) et pour des actions de récupération de l’énergie thermique produite en interne.

L’audit énergétique, un préalable

En effet, «l’économie peut atteindre jusqu’à 38% de coût global. Cependant, comme le coût d’investissement est important dans ce cas, le retour sur investissement est estimé à 11 années», tempère M. Aboulam.

Dans le cadre du projet de bonne gestion environnementale en hôtellerie, mis en place par le ministère de tourisme en partenariat avec la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) et l’organisme suisse SBA, plusieurs établissements hôteliers ont été accompagnés afin d’améliorer leurs performances environnementales. Dans ce cadre, 4 unités hôtelières à Agadir ont été auditées et suivies par notre consultant. Il s’agit de Kenzi Europa, Odyssée Park, Club Al Mouggar et Atlantic Hotel. Un plan d’actions a été mis en œuvre suite à cet audit, qui consiste entre autres à réduire le nombre de points lumineux, à substituer les lampes à incandescence, à renforcer l’isolation des conduites et à optimiser le fonctionnement des machines à laver. Ces actions ont, in fine, permis la réalisation de 10 à 20% d’économie avec un retour sur investissement qui varie entre 8 et 14 mois, ainsi que l’élimination de l’émission de 250 tonnes équivalent CO2 par an.

Si certaines sociétés se rendent compte, au courant de leur activité, de la nécessité d’optimiser leur coût énergétique tout en gardant la même productivité voire l’améliorer, d’autres initient ce process avant même de se lancer. C’est le cas de cette société opérant dans le secteur agroalimentaire dans le sud du Maroc. «Dans un cadre global visant l’optimisation du fonctionnement, la mise en place d’actions relatives à la production et à la consommation de la vapeur d’eau permettra à la société d’économiser entre 2 et 2,5 tonnes de fuel quotidiennement», précise M. Aboulam. Cela, en comparaison avec d’autres usines qui disposent de la même capacité de production. Les émissions de GES, elles, sont réduites d’environ 2 000 tonnes équivalent CO2 annuellement.