Environnement : une quarantaine d’entreprises marocaines certifiées ISO 14001

Il faut compter entre 200 000 et 400 000 DH pour une certification. Les entreprises marocaines sont prêtes à  y mettre le prix pour conforter leur image.

Pour se différencier de la masse des entreprises, rien ne vaut une certification. Et pour aller plus loin, rien ne vaut une certification environnementale. Les entreprises marocaines l’ont enfin compris et sont ainsi de plus en plus nombreuses à franchir le pas. «Au Maroc, les certifications environnementales sont encore au stade de lancement. Mais l’intérêt des chefs d’entreprises pour ce type de certification est de plus en plus grandissant», précise ainsi Reda Idir, DG d’Eagle Engineering. Cette nouvelle dynamique s’explique bien entendu par l’apparition ces dernières années de textes contraignants. «Cet intérêt est dû principalement à la politique nationale en matière d’environnement, à l’image de la Charte nationale pour l’environnement et le développement durable, mais également à l’apparition de salons spécialisés dans le domaine environnemental», souligne Reda Idir.

Tous les secteurs sont concernés. Super Cerame, filiale d’Ynna Holding spécialisée dans la fabrication de céramique, est ainsi en train de faire certifier son usine de Berrechid. «Il s’agit d’une ligne de conduite au sein du groupe Ynna Holding qui a lancé il y a trois ans la charte de l’environnement et du développement durable, ratifiée par les dirigeants de toutes les filiales de la holding», affirme Fouad Benzakour, le DG. Le certificat devrait être attribué début 2013. «En la mettant en place, nous diagnostiquons nos impacts sur l’environnement et tentons de les minimiser», ajoute Mohamed Mrini, directeur qualité, sécurité et environnement du céramiste. Super Cerame est d’ailleurs l’une des premières sociétés céramiques marocaines qui s’est lancée dans une certification environnement. «L’industrie de la céramique de manière générale utilise des matières premières naturelles comme l’argile, le sable, le kaolin et très peu de matières minérales qui sont insolubles dans l’eau. Néanmoins, la démarche environnement nous a poussés à travailler en circuit fermé et de ce fait les matières solides écartées du process sont broyées et recyclées dans le processus de fabrication. Nous sommes même arrivés à recycler une bonne partie de l’air chaud des cheminées, ce qui nous fait gagner sur le coût de l’énergie et réduire sensiblement les quantités de gaz rejetées dans l’atmosphère», explique Fouad Benzakour, par ailleurs président de l’Association des professionnels des industries de la céramique (APIC).

La tendance mondiale est aux systèmes de management intégré qualité, sécurité, environnement

La Société marocaine de stockage (SOMAS), spécialisée dans le stockage de gaz propane liquide (GPL), s’est ainsi engagée, quant à elle, dans une démarche incluant à la fois la norme ISO 9001 (qualité), la norme OHSAS 18001 (sécurité) et la norme environnementale ISO 14001. «Cela s’inscrit dans notre vision stratégique. Nous sommes un acteur reconnu dans le stockage de GPL et nous souhaitons consolider cette image à travers le développement de notre excellence opérationnelle. Nous avons par ailleurs déjà mené des investissements pour réduire nos consommations énergétiques», justifie son DG Khalid Baghri. «L’initiative émane de l’entreprise et de ses actionnaires. Personne ne nous a obligés à le faire. Il n’y a ainsi jamais eu de condition de certification pour le maintien d’un contrat par exemple. Maintenant, il est certain que la certification environnementale nous apportera de la méthode, de l’organisation et un suivi de l’amélioration de nos pratiques environnementales, et permettra en outre de rassurer nos actionnaires, clients et partenaires», ajoute-t-il. «En général, la certification environnementale est volontaire mais dans certains secteurs industriels comme l’automobile, la démarche est une exigence pour les entreprises exportatrices», confie pour sa part Reda Idir. La certification est aussi exigée par une société à ses fournisseurs, dès lors qu’elle est elle-même certifiée, afin de respecter l’ensemble de la chaîne.

Aujourd’hui, près d’une quarantaine d’entreprises marocaines sont ainsi certifiées ISO 14001 au Maroc, soit 3 à 5% de l’ensemble des certifications délivrées au Maroc. Cette norme est spécifiquement liée au système de management environnemental (SME). «Il faut noter que ces certifications se sont étendues au management des collectivités locales. La ville de Benslimane a d’ailleurs récemment entamé une démarche de certification ISO 14001», indique Reda Idir. En général, le processus dure 12 à 24 mois et le budget est dans une fourchette de 200 000 à 400 000 DH. Mais aujourd’hui, la certification est de moins en moins abordée de manière partielle. «La tendance, au niveau international, est aux systèmes de management intégré qualité, sécurité, environnement (QSE)», fait remarquer M. Idir.