Environ 10 milliards de DH de crédits garantis par l’Etat pour 17 600 entreprises

• Le montage des dossiers de crédit est plus diligent et les décisions des comités de crédit se font de manière plus rapide.
• Le produit de garantie est prorogé jusqu’au 31 décembre et aucune garantie ne sera désormais exigée par les banques.
• Deux nouveaux produits lancés pour financer la phase de relance post-crise.

Le dispositif de garantie mis en place par le ministère des finances pour élargir la distribution de crédit aux entreprises impactées par la crise pandémique prend sa vitesse de croisière. Selon des banquiers, le montage des dossiers de crédit est plus diligent et les décisions des comités de crédit se font de manière plus rapide. Aussi, le mode d’instruction des demandes aide dans ce sens. Pour les dossiers de crédit ne dépassant pas 2 MDH, une délégation est octroyée aux banques pour se prononcer sur l’approbation du financement sans devoir passer par les services centraux de la Caisse centrale de garantie (CCG). Au-delà de 2MDH, la décision d’octroi se fait dossier par dossier. Cette tendance est confirmée par les membres du Comité de veille économique (CVE). Selon eux, le rythme de traitement des dossiers de crédit garantis par l’Etat, «Damane oxygène», s’est accéléré. D’après les dernières données rendues publiques lors de la 8e réunion du CVE, ce sont quelque 17 600 entreprises qui ont bénéficié de ce crédit pour un total engagements de 9,5 de milliards DH.
Il faut dire que les résultats observés aujourd’hui sont le fruit des paramétrages faits par le CVE. En effet, pour préparer les conditions d’une reprise accélérée des activités des entreprises, le CVE a pris la décision de mettre en place un nouveau dispositif, massif, souple dans sa mise en œuvre, et couvrant l’ensemble des segments des entreprises composant le tissu national. Dans ce cadre, Damane Oxygène a été revu et assoupli, avec une amélioration des conditions d’accès au financement pour le redémarrage, en faveur des Très petites entreprises (TPE), des Petites et moyennes entreprises (PME) et des Entreprises de taille intermédiaire (ETI). Le produit est prorogé jusqu’au 31 décembre 2020 et aucune sûreté ne sera désormais exigée. Ce dernier point est crucial dans l’accélération et la massification de l’octroi des crédits aux entreprises fragilisées par la crise. Ces dernières peuvent ainsi aspirer à des concours bancaires de court terme pour financer leurs besoins en fonds de roulement sans avoir à donner de collatéraux couvrant les crédits qui leur sont alloués par les banques.
Dans le détail, le produit de financement du besoin en fonds de roulement est un découvert exceptionnel destiné à faire face aux charges courantes ne pouvant pas être reportées ou suspendues par l’entreprise. Ce découvert ne peut en aucun cas être utilisé pour résorber les dépassements sur les lignes. Son montant représente 20% maximum des lignes de fonctionnement existantes ou à mettre en place et ce, dans la limite de 20 MDH. Au cas où le niveau de 20% des lignes de fonctionnement ne couvre pas 3 mois de charges courantes, le plafond retenu sera alors fixé à 3 mois desdites charges. Pour les entreprises ne disposant pas de lignes de fonctionnement, la banque a la possibilité d’accorder un découvert exceptionnel dans la limite de 5 MDH et à 3 mois des charges courantes.
Pour la phase de redémarrage actuellement amorcée, le CVE vient d’arrêter deux nouveaux produits de garantie (Relance TPE et Damane Relance) pour le financement des entreprises lors de la phase post-crise. Ces produits couvrent tout le spectre des entreprises, publiques et privées, négativement impactées par la pandémie. Ce dispositif permet de financer le besoin en fonds de roulement des entreprises avec un taux d’intérêt maximum de 4%, qui représente le taux directeur BAM + 200 points. Le remboursement de ces crédits peut s’étaler sur une période de sept ans avec deux ans de délai de grâce. L’objectif de ces produits de garantie est de mobiliser, au cours du second semestre 2020, les financements nécessaires pour l’impulsion d’une dynamique économique qui agirait positivement sur l’emploi, sur les délais de paiement et pour rétablir la confiance entre partenaires économiques.

Les frais de report des échéances de crédits
Les frais de report des échéances de crédits des particuliers pris en charge par l’Etat et les banques