Suez : un appétit pour le Maroc toujours intact

Nommé DG de Suez en mai dernier, Bertrand Camus a commencé sa tournée des filiales étrangères par le Maroc. Le groupe met en avant son expertise dans les métiers de l’eau, de l’électricité et de l’environnement. Il ne renonce pas à revenir dans la collecte des ordures à Casablanca.

Le tour du propriétaire. C’est ce qu’a entamé Bertrand Camus après l’officialisation, le 15 mai 2019, de sa nomination à la tête de Suez, avec le Maroc comme première étape. M. Camus n’est pas en terrain inconnu puisqu’il fait partie de l’équipe qui a mené en 1996 les négociations sur le contrat de gestion déléguée qui lie le groupe français à la ville de Casablanca, à travers la Lydec.

Le patron de Suez ne le dit pas explicitement mais, sur ce marché, il ne voit pas un autre opérateur succéder à son groupe au terme du contrat, en 2026. Il met en avant l’expertise du groupe dans les métiers de l’eau et de l’électricité, son expérience et ses multiples solutions. La connaissance du marché marocain sera, sans aucun doute, un atout sérieux face à d’éventuels prétendants. Bertrand Camus sait que ce marché est très concurrentiel, mais lui et ses équipes sont prêts à abattre toutes leurs cartes pour poursuivre l’idylle avec la capitale économique, même si les relations sont parfois conflictuelles, ce qui est tout à fait naturel dans le domaine des services à la collectivité, compte tenu des différents enjeux qui peuvent être d’ordre politique ou financier.

La décharge de Médiouna dans le collimateur

Avec Casablanca, il y a eu effectivement des frictions, entre autres, sur le marché de la collecte des ordures que gérait la filiale Sita Al Baida. Les deux parties ont finalement décidé de se séparer d’un commun accord. Pas pour toujours, selon Jean-Pascal Darriet, DG de la Lydec, qui accompagnait M. Camus dans sa rencontre avec la presse marocaine, vendredi 14 juin.

Au Maroc, le groupe français reste présent dans ce métier avec une dizaine de contrats de collecte. Il a aussi dans le collimateur la décharge de Médiouna pour laquelle des «solutions innovantes peuvent être proposées dans les meilleures conditions de coûts». Le patron de Suez rappelle à bon escient l’expérience du groupe sur les décharges trop mal conçues pour protéger la nappe phréatique du lixiviat. Il met en évidence l’expertise et les techniques du Suez sur les terres polluées, notamment en matière de décontamination des sols, en s’appuyant sur le cas de la ville de Saïda, au Liban.

Lydec veille par ailleurs à l’harmonisation des périmètres à Casablanca (reprise des zones encore dans la sphère de l’ONEE). Le groupe se garde de relancer la polémique mais précise par la voix de M. Datrriet que «l’harmonisation visant à aligner, avec les mêmes exigences, l’ensemble des prestations liées à l’eau et à l’électricité répond à une logique de péréquation pour maintenir les équilibres économiques». En langage plus clair, c’est une nécessité absolue.