Les cinquante ans de Royal Air Maroc

Royal air Maroc : Née en 1957 de la fusion entre
Air Atlas et Air Maroc, la compagnie aérienne transporte aujourd’hui
5 millions de passagers par an.
Elle dessert 70 destinations
dont 54 à  l’international et offre
250 connexions.
Snecma, Atlas Blue, Atlas Hospitality, Ram Academy…, c’est aujourd’hui un groupe multimétier.

Royal Air Maroc fait aujourd’hui partie des compagnies aériennes les plus florissantes dans le ciel euro- méditerranéen. Alors que des compagnies naguère prestigieuses telles Sabena, Swissair et KLM ont disparu ou ont été absorbées et que d’autres, comme Alitalia, connaissent des difficultés, la compagnie nationale fête son cinquantième anniversaire. En même temps que celle du transport aérien dans le pays, son histoire commence en 1946, avec la compagnie marocaine Air Atlas, créée pour desservir l’Algérie et la Tunisie. Elle obtient en 1951 l’exclusivité sur les lignes intérieures ainsi que les destinations de Toulouse et de Perpignan. Parallèlement, en 1948, est créée Air Maroc, compagnie privée qui développe son activité, notamment dans la réparation et l’entretien des avions. Les deux entreprises seront regroupées en 1953 sous la dénomination d’Air Atlas Air Maroc, Société chérifienne du transport aérien.
Après l’indépendance, en 1957, l’entreprise change de dénomination et devient Royal Air Maroc (RAM), à laquelle échoit l’exclusivité de l’exploitation des lignes aussi bien intérieures qu’extérieures. C’est ainsi que son réseau continuera de s’étendre à des grandes villes européennes telles que Bordeaux, Marseille, Lyon et Paris pour la France ainsi qu’au reste de l’Europe avec Milan, Madrid, Lisbonne et Genève.
La croissance est au rendez-vous. La compagnie termine l’exercice 1960 avec 164 706 passagers transportés, soit une augmentation de 12 % par rapport au précédent. C’est d’ailleurs durant cette année qu’elle reçoit son premier avion de type Caravelle ; trois autres suivront en 1962. Durant ces années 60, des agences sont ouvertes dans différentes villes (Tanger, Tétouan, Nador), des délégations installées en Europe (Madrid et Toulouse, Genève, Francfort, Etats-Unis, Canada, Rio de Janeiro…) et le réseau est étendu à des pays tels que l’Allemagne, l’Italie et le Sénégal. Ainsi, durant les premières années de la décennie 70, inaugurée par la réception de son premier Boeing 727-200, la RAM desservait déjà 22 destinations internationales, dont 18 en Europe, trois au Maghreb et une en Afrique de l’Ouest.

L’Afrique, un nouveau champ de croissance
Les lignes intérieures ne sont pas délaissées, mais décentralisées en 1970 auprès de Royal Air Inter, filiale détenue à 100 % par la maison mère, et qui desservira également Oran et Malaga. Depuis, la RAM déploie ses ailes sur une grande partie du monde et a renforcé sa flotte qui compte aujourd’hui 43 avions, dont 9 mis à la disposition d’Atlas Blue, sa filiale low-cost créée en 2004.
Dans ce contexte, il fallait évidemment se montrer très offensif sur les lignes régulières. D’où une stratégie de développement caractérisée par une ouverture tous azimuts sur l’Afrique subsaharienne. Celle-ci s’est d’abord traduite par la création, en 2000, d’Air Sénégal International (ASI), en partenariat avec ce pays. ASI a même été élue meilleure compagnie aérienne africaine en 2003. Cette coopération a trouvé ses limites après un démarrage sur les chapeaux de roues de l’activité, le Sénégal ayant décidé récemment de reprendre la majorité suite à des divergences de vues sur la stratégie. Mais cela ne casse pas pour autant les ambitions de la RAM sur le continent. Ainsi, outre les destinations déjà desservies (Dakar, Abidjan, Bamako, Nouakchott, Conakry, Libreville ou Niamey), de nouvelles destinations seront programmées, entre autres Douala (Cameroun), Ouagadougou (Burkina Faso), Accra (Ghana), Lomé (Togo), Cotonou (Bénin), Brazzaville (République du Congo), Malabo (Guinée équatoriale) et Freetown (Sierra Léone). Aujourd’hui, la compagnie dessert 70 destinations, dont 54 à l’international parmi lesquelles on compte une vingtaine d’escales sur le continent. A travers le hub de Casablanca, relié lui-même aux plus grands aéroports, européens notamment, la RAM offre ainsi aux passagers des pays subsahariens près de 250 connexions.

Le groupe emploie 4 620 salariés contre 580 en 1960
Aujourd’hui, la compagnie qui compte 94 agences à travers le monde a encore de beaux jours devant elle. Ainsi, entre octobre 2006 et octobre 2007, près de 5 millions de passagers ont été transportés, soit une hausse de 13 %.
Mais une compagnie aérienne, ce n’est pas seulement des avions. Il y a aussi les 4 620 salariés, femmes et hommes, qui la font tourner et qui étaient à peine 580 en 1960. Ceux qui pilotent, ceux qui entretiennent, ceux qui accompagnent et tous les autres qui concourent d’une manière ou d’une autre, à un stade ou à autre, à satisfaire les passagers de la compagnie. Avec RAM Academy, une de ses filiales qui regroupe en son sein les institutions et écoles chargées des formations dans les métiers de l’aéronautique civile, du management, de l’hôtellerie et du tourisme, elle s’offre la possibilité de préparer au mieux son personnel.
D’ailleurs, autour de son cœur de métier, la compagnie a développé une constellation de filiales dans des domaines très proches. C’est ainsi qu’elle s’est associée à la Snecma pour mettre sur pied Snecma Morocco Engine Service (SMES), une société spécialisée dans la réparation de moteurs d’avion. Pour le grand public, c’est cependant son activité touristique et hôtelière, démarrée en 1960, qui est la plus en vue. A ce jour, Atlas Hospitality totalise une douzaine d’hôtels et compte arriver au double en 2012. Plus qu’un simple transporteur, cette intégration en aval de la compagnie en fait un opérateur du voyage à part entière.