Banques participatives : Bank Al Yousr rassemble des experts lors de son colloque scientifique

Bank Al Yousr, filiale du groupe BCP, a organisé la deuxième édition de son colloque scientifique, ce lundi 17 juin à Casablanca. Des indicateurs sur l’activité des banques participatives marocaines ont été exposés et les défis ont été précisés.

Ce lundi 17 juin 2019 à Casablanca, Bank Al Yousr, filiale de la BCP, a organisé la deuxième édition de son colloque scientifique. Des experts de la Charia, chercheurs, professeurs universitaires,  ainsi que des chefs d’entreprises se sont réunis pour discuter du thème de cette deuxième édition : “Quel rôle de la finance participative dans le développement économique ?”.

Après 18 mois d’activité…

La présence des banques participatives, au sein du paysage bancaire marocain date de 18 mois. 5 banques participatives et 3 fenêtres sont actives dans le marché. Les banques participatives ont à présent à peine 1% de parts de marché dans le secteur. Cette part sera portée selon les projections communiquées ce lundi à 5%, à l’horizon 2024.

Le réseau des banques participatives marocaines compte selon les chiffres présentés 100 agences ayant permis l’ouverture de 60 000 comptes. Elles ont collecté 1.994 milliards de DH. Ce qui équivaut à 1% de ce que collectent les banques traditionnelles. Elles ont également accordé un total de 6.055 milliards de financements. Un total d’actifs de 8.880 milliards de DH.

L’expérience Bank Al Yousr

Mouna Lebnioury, DG de Banqk Al Yousr s’est exprimée au sujet de la banque qu’elle dirige. En particulier, sur les principaux défis que les équipes de Bank Al Yousr ont rencontré pour mener à bien le lancement des activités de la banque. Elles les a énuméré : la mise en place d’un système informatique adapté aux besoins spécifiques de la finance participative marocaine; la stratégie de communication à adopter pour faire connaître la banque auprès des consommateurs;  les critères de sélection des ressources humaines;  les offres commerciales. Dans ce sens, Mouna Lebnioury a insisté sur un cinquième défi, qui est toujours d’actualité, l’existence d’un seul produit commercialisable.

En ce qui concerne la formation des ressources humaines, Mouna Lebnioury s’est dite “à moitié satisfaite, dans la mesure où les RH sont bien formées sur le volet théorique”, et a appelé les responsables des formations à fournir plus d’effort sur le volet de la dynamique commerciale.

Pour sa part, Fatima Zahra Moussaddaq du groupe Al Maali, un cabinet de conseil qui accompagne les banques participatives, le principal défi est la mise en place d’un système informatique qui soit adapté aux besoins spécifiques du paysage bancaire marocain. Car, ajoute-t-elle « celui de la Malaisie, même s’il constitue une référence, n’intègre pas des éléments qui sont propres au contexte marocain », du point de vue fiscal et en matière de compensation des opérations.

Fatima Zahra Moussaddaq a conclu par appeler les banques participatives marocaines à « l’innovation en matière des produits à offrir, seul moyen pour développer cette industrie » financière naissante, dont les textes qui la régissent sont soumis à la validation du Conseil des Oulémas.