Entre 30 et 35% des traites rejetées, la quasi-totalité pour défaut de provisions

Les opérateurs prêts à  sacrifier une partie de leur chiffre d’affaires au lieu d’être payés avec des traites. Une récente circulaire de Bank Al-Maghrib donne droit aux tireurs de vérifier l’historique de leurs émissions auprès de la centrale des impayés pour corriger d’éventuelles erreurs.

Décidément, la crédibilité des effets de commerce peine à être restaurée, du moins sur le court terme. Pour plusieurs banquiers de la place, la tendance ne diffère pas trop de celle de la dernière année. «Entre 30 et 35% des effets sont rejetés, la quasi-totalité pour défaut de provisions. Soit le même niveau que l’année dernière», avance un banquier, parlant des opérations de son agence. Un autre rapporte qu’à partir du deuxième trimestre, une baisse des impayés a été relevée mais elle se conjugue avec une baisse significative des règlements par effets. C’est dire que le contexte caractérisé par des tensions accrues sur les trésoreries pousse les entreprises à ne plus accepter les traites. Plusieurs opérateurs affirment avoir délibérément choisi de baisser leur chiffre d’affaires de l’année en cours au lieu de se faire payer avec des effets. «Aujourd’hui, ce moyen de paiement renseigne systématiquement sur la moralité du client. On te prend pour un mauvais payeur dès que tu sors ton carnet de LCN», se désole un opérateur.

Les effets ne représentent pourtant que 14% des échanges scripturaux

Le discrédit de l’effet ne relève pas du hasard. En 2012, les rejets de lettres de change normalisées (LCN) ont atteint environ 651 000, soit un taux de rejet qui culmine à 17,6% contre 17% en 2011, avec plus de 90% des rejets pour absence ou insuffisance de provision. Pour la même année, le montant des effets rejetés s’est établi à 23,5 milliards de DH, en hausse de 10,25%.

A ce titre, bien qu’elles ne représentent que 14% des échanges scripturaux (218 milliards sur 1 545 milliards de DH), les LCN inquiètent spécialement au vu du taux de rejet qu’elles affichent et des montants qu’elles mettent en jeu. Pour Bank Al-Maghrib, il était devenu urgent de mettre en place des mesures pour éviter ou réduire les incidents de paiement des lettres de change. A ce titre, le volet prévention a été récemment amélioré grâce à l’entrée en vigueur, le 13 août 2013, de la circulaire 16/G/13 qui est venue régir la demande d’informations sur les impayés auprès du service de centralisation des impayés sur LCN, relevant de BAM. Elle a permis, entre autres, aux opérateurs de contester leur historique d’impayés LCN et de corriger leur situation vis-à-vis des tiers, sachant que les erreurs techniques des banques sont très répandues en matière de règlement par effets.