Engouement pour le "papier" Maroc : 2 milliards d’euros proposés, un milliard levé

La maturité de l’emprunt est de 10 ans et le taux de 4,5%.
La prime de risque est de 200 points de base.

Comme on l’a pressenti, la sortie du Trésor sur le marché international a donc porté sur 1 milliard d’euros. Le rush sur le «papier» Maroc a été tel que la demande a représenté le double (2 milliards d’euros) par rapport à l’offre.
L’emprunt, qui viendra apporter de l’oxygène à des comptes intérieurs et extérieurs passablement «pressurisés», a finalement été levé dans des conditions satisfaisantes, en dépit de la nervosité qui a caractérisé les marchés ces derniers temps, consécutivement à la crise économique internationale et surtout à la crise des finances publiques de nombre de pays.

Un taux d’intérêt meilleur que celui de 2007

D’une durée de dix ans, la même que celle de l’emprunt, de 500 millions d’euros, contracté en 2007, celui de cette fois-ci a, en revanche, bénéficié d’un taux d’intérêt de 4,5%, soit près de 1 point de moins qu’en 2007 (5,37%). Mais contrairement à 2007 où le «spread» n’était que de 55 points de base, cette fois la prime de risque est de 200 points de base. Autrement dit, entre 2007 et aujourd’hui, il s’est produit un mouvement inverse, en lien direct avec la crise : les taux de l’Euribor et du Libor, la référence du prix de l’argent, ont sensiblement baissé, fluctuant entre 1% et 2%, tandis que la prime de risque, elle, a pris une courbe ascendante.
D’ailleurs, pour l’emprunt de 2007, qui court encore jusqu’en 2017, le «spread» qui lui est appliqué à la mi-août de cette année était de 214 points de base, soit exactement le même niveau de prime avec lequel a été levé l’emprunt de 400 millions d’euros de 2003 (avec un taux d’intérêt de 5,24%) lorsque le Maroc effectuait sa première sortie sur le marché des capitaux sans présenter de garanties. Précisons quand même que cet emprunt de 2003 avait une maturité de 5 ans.

Dette extérieure du Trésor : 10,8% du PIB

Le «road-show» d’une semaine du ministère des finances s’est donc conclu favorablement, mais les bonnes conditions dans lesquelles est intervenu cet emprunt, le Maroc les doit surtout à la qualité de ses fondamentaux, et aussi à la politique de gestion active de la dette extérieure, entamée dès le début des années 2000.
Rappelons à ce propos que lorsque Fathallah  Oualalou avait emprunté les 400 millions d’euros en 2003, il les avait précisément utilisés, et en totalité, pour rembourser les dettes onéreuses. Cela dit, si aujourd’hui la dette globale du Trésor ne représente plus que 47% du PIB et que la dette extérieure du Trésor, elle, est à 10,8% du PIB, c’est aussi en raison de la progression du PIB et de la maîtrise du déficit budgétaire. C’est cela, en gros, le sens des notations (BBB-/stable) accordées successivement par les agences internationales Fitch Ratings et Standard & Poor’s et qui ont fait accéder le Maroc à la catégorie «Investment grade».