Mobilité durable. Les résultats de l’etude de la fédération de l’énergie

La fédération de l’énergie, relevant de la CGEM, a présenté une étude sur « la mobilité durable au Maroc ». Voici ses principaux résultats.

Mardi 9 juillet, au siège de la CGEM, la fédération de l’énergie a présenté une étude sur « la mobilité durable au Maroc », réalisée par deux cabinets : Sunergia études et Nevolys.

De multiples aspects ont été abordés dans cette étude, basée sur un benchmark international :la  France, la Chine, le Norvège et la Turquie. Elle a fait un focus sur le potentiel de développement de la mobilité durable au Maroc par rapport à ce benchmark international.

Les facteurs de succès de la mobilité durable

Les facteurs de succès de la mobilité durable  sont au nombre de 5. Le premier consiste à mettre en place « une politique volontariste de l’Etat, dans le cadre d’une stratégie de développement incluant des objectifs chiffrés et une feuille de route concrète ». Le second facteur, lui, consiste à « inciter les consommateurs à acheter un véhicule durable, à des prix compétitifs, dans l’optique de garantir l’émergence d’une filière industrielle ».

Le troisième facteur porte sur le fait de « favoriser la recharge au quotidien et déployer une infrastructure ouverte au public ». Pour ce qui est du quatrième, il vise le développement d’un écosystème autour de plusieurs acteurs (constructeurs, acteurs de recharge, …). Enfin, « l’utilisation du levier réglementaire permettant de favoriser le développement du marché des véhicules et les infrastructures de recharge associés ».

Le positionnement du Maroc par rapport aux « facteurs du succès »

Les rédacteurs de l’étude ont en outre positionné le Maroc par rapport à ces facteurs de succès de la mobilité durable. 

Pour ce qui est de “la politique volontariste de l’Etat”, l’étude met en avant le fait que la vision se situe à une niveau plus ou moins poussé, mais l’opérationnalisation demeure néanmoins dans un niveau intermédiaire. Pour argumenter ces niveaux, l’étude avance un certain nombre de réalisations : l’adoption, en 2017, de la stratégie nationale du développement durable à horizon 2030, qui intègre le principe de l’exemplarité de l’Etat, comme un levier pour la mise en oeuvre de la stratégie, notamment à travers le renforcement de l’utilisation des véhicules hybrides et électriques.

Quant aux incitations, l’étude positionne le Maroc dans un niveau « faible ». « Malgré les incitations mises en place par l’Etat, les prix de vente des véhicules électriques commercialisés au Maroc restent significativement plus chers que les véhicules thermiques », constate l’étude. Et d’ajouter que les pays du benchmark ont mis en place des mesures « plus significatives permettant d’inciter le consommateur à acheter un véhicule électrique à des prix compétitifs ». Ces mesures portent sur : « bonus à l’achat, récupération de TVA, prime à la casse, etc. », lit-on dans la synthèse de l’étude.

De même que les mesures d’incitations, « la favorisation de la recharge au quotidien » au Maroc, est un niveau « faible ». Dans ce sens, l’étude indique qu’à l’exception du « Green Miles », un projet initié en 2017 par l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) en partenariat avec Schneider Electric et Autoroute du Maroc, « aucun programme d’aide / subvention n’est mis en place au Maroc pour inciter », affirme-t-on.

Concernent la mis en place d’un « écosystème développé et structuré », l’étude avance que son positionnement, au Maroc, est « faible ». Dans le détail, selon l’étude, les constructeurs se positionnent sur le marché des véhicules électriques avec deux constructeurs installés (Renault, Peugeot) et un pionnier du véhicule électrique, BYD. Pour les équipementiers de bornes de recharges, plusieurs acteurs sont installées au Maroc, tel que Schneider Electric, ABB, Engie. Les opérateurs de recharge sont « à développer ». Les opérateurs de mobilité et la plateforme d’itinérance sont inexistants. Le Maroc a toutefois un organisme de recherche en la matière, qui est L’IRESEN.

Concernant l’utilisation du cadre réglementaire, il est également à un niveau « faible », selon ce qu’avance l’étude. Cette dernière argumente son jugement par le fait que « le Maroc ne dispose pas d’un cadre réglementaire permettant le développement du marché des véhicules électriques, abordant les thématiques structurantes : exemplarité de l’Etat, l’obligation des acteurs du transport en commun, le déploiement de l’infrastructure de recharge », entre autres.