Efficacité énergétique : les consommateurs toujours mal sensibilisés 

Dressant une topo sur l’efficacité énergétique chez les ménages et les commerces à Casablanca, une étude finalisée en mai dernier renseigne sur un manque patent de sensibilisation et d’information.

Contrairement aux énergies renouvelables, le déploiement de l’efficacité énergétique nécessite une implication forte des citoyens et du secteur privé qui restent en première ligne de la consommation de l’énergie. Pour en savoir plus sur le niveau d’imprégnation par la culture de l’efficacité énergétique chez les ménages, sa mise en pratique et les prédispositions à y adhérer, une enquête de terrain a été réalisée à Casablanca au quartier Sidi Maarouf par l’experte en énergie Touria Barradi et un groupe d’étudiants de l’Ecole Centrale de Casablanca, en partenariat avec l’antenne marocaine de la Fondation écologiste allemande Heinrich Boll Stiftung.

Ciblant pas moins de 204 lieux répartis entre appartements, maisons, villas et commerces, l’enquête a porté sur les usages courants de l’électricité, à savoir l’éclairage, l’alimentation des appareils électroménagers, celle du matériel professionnel ainsi que des équipements pour le confort thermique. Premier résultat à noter : la part importante de l’électricité allouée aux réfrigérateurs (45%), suivis de celles dédiées à l’éclairage (20%),  la télévision (18%) et le chauffage et climatisation (5%). «L’objectif recherché par cette séquence de l’enquête est de tester le niveau de prise de conscience par les citoyens à l’égard des postes de consommation réellement énergivores, et par là envisager des actions ultérieures de réajustement du mode d’utilisation des équipements électriques, si nécessaire», explique Touria Barradi. En fait, les résultats ont montré à ce sujet un déficit de sensibilisation et d’information des habitants d’appartements quant aux postes les plus énergivores. Qu’en est-il de la prise de conscience à l’égard des déperditions d’énergie ? Toujours selon les résultats de l’enquête, une part importante de personnes interviewées avoue ne pas optimiser les ressources énergétiques. S’agissant de la prédisposition à adopter des mesures de l’efficacité énergétique, l’enquête a démontré que celle-ci est d’autant plus grande lorsque l’éclairage naturel est insuffisant et que la consommation de l’éclairage est élevée (appartements et commerces). Pour les auteurs de l’enquête, ce résultat dénote de la prise de conscience de l’intérêt de privilégier un budget d’investissement ponctuel sur un budget d’exploitation permanent. Quid des attentes ? Interrogés sur le choix, dans l’accompagnement, entre une subvention et le recours à une société de services énergétiques, la majorité des consommateurs ont – à l’évidence – préconisé la première option. Il faut dire que ces résultats doivent interpeller les parties prenantes publiques du secteur énergétique en l’occurrence le département de l’énergie et l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE) quant à la faible sensibilisation et accompagnement des consommateurs d’énergie dans le segment résidentiel (25%) qui se positionne juste après le transport (38%) dans la consommation énergétique nationale.