Energie : ce qui intéresse les Russes dans le Maroc

La Russie s’intéresse à  la fourniture de gaz naturel, aux infrastructures électriques et aux énergies renouvelables. Les contrats d’approvisionnement que compte signer le Maroc avec des partenaires étrangers devraient porter sur 3 à  5 milliards de m3.

C’est officiel ! Les entreprises russes devraient bel et bien contribuer aux projets stratégiques lancés par le Royaume dans le domaine de l’énergie, et particulièrement les projets liés au développement du gaz naturel liquéfié. C’est l’une des conclusions majeures de la réunion tenue le 9 septembre 2015 entre Abdelkader Aâmara, ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement, et Yuri Senturine, secrétaire d’Etat, vice-ministre de l’énergie de la Fédération de Russie. Cette réunion était organisée en marge de la visite d’une importante délégation d’hommes d’affaires russes dans le Royaume. Dans la déclaration finale que La Vie éco a pu consulter, il est mentionné que les compagnies russes ont exprimé aux officiels marocains leur volonté d’accompagner le Royaume dans ses ambitions énergétiques, avec notamment une participation «aux appels d’offres relatifs à la réalisation d’infrastructures pétrolières et gazières, y compris le terminal gazier prévu à Jorf Lasfar, avec la possibilité de livraison du GNL russe au Maroc». C’est là l’un des premiers résultats du travail mené par les équipes du ministère de l’énergie depuis le lancement en décembre 2014 de la feuille de route pour le développement du GNL. Depuis cette date, les efforts ont principalement porté sur la recherche de fournisseurs potentiels de gaz à partir de 2021. Des visites ont ainsi été organisées en avril dernier au Qatar et à la Fédération de Russie pour justement étudier la possibilité de s’approvisionner auprès de ces pays. Pour la même raison, le ministre se rendra aux Etats-Unis dans les quelques jours à venir.

Les Russes cherchent à diversifier leurs partenaires

En attendant, les pouvoirs publics peuvent d’ores et déjà compter sur l’appui des Russes dans ce domaine, ainsi que dans d’autres liés au secteur énergétique. «Les parties ont apprécié la volonté exprimée par les compagnies russes pour le développement des relations de coopération et de partenariat avec les opérateurs marocains dans le cadre de projets d’intérêts communs dans les domaines de l’exploration et de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz, de transformation et de fourniture des hydrocarbures», peut-on également lire dans la déclaration. En d’autres termes, il n’est pas exclu de voir des compagnies russes participer à des projets dans ce cadre grâce à des accords de partenariat avec des entreprises marocaines. Les entreprises russes devraient également être de sérieux prétendants à l’attribution des marchés relatifs à la construction, la modernisation et la reconstruction des infrastructures de production d’électricité, dont les centrales thermiques de Jérada et Nador. D’autres projets liés aux énergies renouvelables devraient, pour leur part, faire l’objet d’études plus approfondies pour identifier ceux dans lesquels les Russes peuvent contribuer. Comme toute déclaration faisant suite à des rencontres de haut niveau, celle signée par le ministre de l’énergie marocain et le vice-ministre russe exprime surtout les bonnes intentions des deux parties pour le développement de leur coopération. Néanmoins, celle-ci a la particularité de tomber dans un contexte particulier à la fois pour le Maroc et la Russie. Le Royaume considère en effet la recherche de fournisseurs potentiels de gaz comme un préalable à la réussite du plan gazier, tandis que les Russes sont connus pour chercher à diversifier leur marché à l’échelle internationale.

Pour rappel, les contrats d’approvisionnement que compte signer le Maroc devraient porter sur 3 à 5 milliards de m3, de quoi attiser la convoitise des principaux producteurs mondiaux de gaz. C’est donc ce domaine du secteur énergétique qui devrait connaître une mobilisation forte des Russes. Un partenariat dans un contexte pareil ne peut qu’être profitable aux deux parties.