Encore une hausse des salaires pour les fonctionnaires de la Justice !

Les augmentations varieront de 5% à 10%. Elles concernent surtout les magistrats et les greffiers. Les demandes de changement de poste acceptées plus facilement.

quelques mois de la fin de son mandat, Mustapha Ramid compte soigner les apparences. Outre les généreuses subventions au profit des associations professionnelles, le ministère de la justice et des libertés s’apprête à revaloriser les salaires de ses fonctionnaires, spécialement les magistrats et les greffiers. La hausse variera de 5 à 10%, selon le grade et l’ancienneté. Cette annonce vient à point nommé. Les relations entre la profession et la tutelle commencent en effet à se tendre, notamment après les différentes sanctions disciplinaires prises à l’encontre de certains juges. L’Exécutif cède ainsi devant les revendications sociales mais explose son budget.

En effet, les dépenses de personnel du ministère de la justice a progressé de 66% entre 2007 et 2015! Après le gel opéré entre 1996 et 2007, les salaires de l’ensemble des catégories de fonctionnaires du ministère n’a cessé d’augmenter, mais ceux des membres des secrétariats greffes des tribunaux ont évolué de manière fulgurante. De 4 700 DH, la moyenne est passée à plus de 7000 DH en 2014 avant de se stabiliser en 2015. Dans le même temps, le salaire moyen des magistrats et conseillers juridiques est passé de 15600 DH à 20 600 DH. Mais si le budget du département de Mustapha Ramid a sensiblement évolué, c’est aussi parce que les avancements vont bon train, et ils sont coûteux. En 2015, pour les 1 277 avancements de grade, la charge annuelle s’est élevée à plus de 77 MDH et les rappels ont coûté près de 51 millions. De plus, 1 222 fonctionnaires de la Justice ont bénéficié des avancements d’échelon, soit une charge annuelle de 73,79 MDH en plus de 49,19 millions au titre des rappels…

La majorité des juges promus bénéficie du grade exceptionnel

En matière d’avancement, le ministère de la justice fait également preuve d’une grande flexibilité, comme le montrent les différents rapports du Conseil supérieur de la magistrature qui révèlent que 89,94% des magistrats «disposant des conditions administratives adéquates» ont bénéficié de promotions, soit 456 sur un total de 507. La grande nouveauté, c’est surtout que la majorité (332) des juges promus bénéficie aujourd’hui du grade exceptionnel, échelle la plus avancée avant l’accès à la Cour de cassation, juridiction suprême. Parallèlement, 120 juges, sur 138 aptes, ont atteint le second grade, tandis que 4 seulement ont été promus au premier. Et en plus des promotions demandées, «les juges disposant de plus de 10 ans d’expérience ont vu leur situation professionnelle s’améliorer de façon systématique», comme le précise le rapport du ministère de la justice. Autant dire que Mustapha Ramid relâche la pression, sachant en plus que 146 demandes de changement de poste ont été acceptées.