En février, les élevages non conformes devront cesser leurs activités

5 000 exploitations ont déposé des demandes d’agrément, 3 500 sont en cours de mise à  niveau.
Des inquiétudes, en revanche, pour le transport et l’abattage, où l’anarchie règne encore.

La mise à  niveau du secteur avicole définie par la loi 49-99 relative à  la protection sanitaire des élevages, au contrôle de la production et à  la commercialisation des produits s’accélère. Sur les quelque 5 000 exploitations qui ont présenté une demande d’agrément, un millier a reçu l’autorisation d’exercer, 1 500 ont eu droit à  un délai pour parachever les actions nécessaires et un autre millier attend la visite de la commission technique du ministère de l’agriculture chargée de s’enquérir de l’avancement du plan de restructuration. Au total, ce sont donc quelque 3 500 fermes qui sont en situation régulière ou en cours de l’être. Autre élément encourageant, selon la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), ces 3 500 fermes représentent 80 % de la production nationale. Par ailleurs, à  partir de maintenant, aucun délai (hors ceux qui ont déjà  été accordés) ne sera accordé. Ainsi, à  compter de début février 2008, les exploitations qui n’ont pas entamé leur mise à  niveau devront cesser leurs activités en attendant de se conformer à  la loi.

550 transporteurs se sont conformés aux normes
Un système informatique de suivi, opérationnel dès la fin du mois courant, permettra aux accouveurs d’avoir la liste des fermes à  approvisionner. De plus, la loi est assez dissuasive. Tout contrevenant (les éleveurs ou ceux qui les approvisionnent) encourt une amende de 50 000 DH, dont le montant est double en cas de récidive.
Mais la mise à  niveau ne concerne pas seulement les éleveurs de poulet de chair. A la Fisa, on estime que pour la dinde, la quasi-totalité des élevages sont 100 % opérationnels selon les nouvelles normes tout comme les accouveurs. Ceux de poules pondeuses sont mis à  niveau à  90 %. L’essentiel de la mise à  niveau se joue donc encore chez les éleveurs de poulet de chair.
Cependant, c’est au niveau du transport et de l’état des tueries que les choses traà®nent. D’abord, le nombre de transporteurs n’est pas connu. On sait juste qu’à  la fin décembre 2007, 550 ont été autorisés à  exercer. Autrement dit, ils ont remplacé, conformément à  la loi, les cageots en bois par d’autres en métal et, dans une moindre mesure, en plastique. Pour garder la pression, les autorités ont déjà  commencé à  sévir et plus de 300 contraventions ont été dressées.

50 000 DH d’amende pour les élevages non conformes
Beaucoup de chemin reste cependant à  faire. Les professionnels sont d’accord sur le fait que les contrôles ne sont pas assez sévères et sont rares à  l’intérieur des villes. C’est à  Casablanca et Rabat, qui représentent 50% du marché, que l’inobservation de la loi est la plus fréquente, soulignent-ils en substance. Encore plus grave, l’état de saleté des marchés de gros de volaille, comme celui de Casablanca, est tout simplement inacceptable. Il semble clairement que les mesures qui avaient été appliquées dans le cadre du plan de lutte contre la grippe aviaire se soient considérablement relâchées. Même constat pour les tueries o๠les règles élémentaires d’hygiène ne sont pas respectées.
Toujours est-il qu’on annonce pour les prochains jours la signature du contrat-programme qui devrait intervenir fin février. Il ne prévoit aucune défiscalisation mais un accompagnement du secteur par des prêts bonifiés ou encore la création d’un fonds de soutien au secteur avicole. Aucun chiffre n’est annoncé, mais le financement sera vraisemblablement pris en charge par le Fonds Hassan II.
Ces promesses sont bien accueillies. Néanmoins, les professionnels comprennent mal leur exclusion du Fonds de développement agricole. Ils demandent également la création d’un laboratoire de référence et des subventions qui viendraient conforter leurs efforts en formation et en communication. On se rappelle qu’ils ont eu du mal à  trouver le financement de leur plan de communication au plus fort de la crise provoquée par la grippe aviaire.